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Lorsque je suis allé au Vietnam en 2008, c'était un vieux rêve : voir l'Asie et découvrir l'Indochine qui avait tant marqué nos Anciens.

 

 

Il faut dire que l'attirance pour l'exotisme et les pays lointains dès mon plus jeune âge, les récits de mon père racontant les campagnes du 5ème BCCP sur les diguettes, ma carrière d'officier dans les Troupes de Marine, tout incitait à ce voyage ; la frustration de rester chef de la Base arrière du 8ème RPIMa en 1992, alors que ce dernier partait au Cambodge dans le cadre de l'APRONUC, n'avait fait que renforcer ce désir de fouler un jour la Terre jaune. Mais ce voyage avait été trop court, impossible de « remonter le Mékong », il fallait revenir.

17 février 2011. Me voici de retour au Vietnam, mais cette fois-ci pour 7 semaines, totalement autonome, et bien décidé à retourner sur les pas de ceux qui ont fait l'Indochine française.

 

Ha Noï. Après avoir pris le temps de flâner dans la vieille ville pleine d'images, d'effluves, de sons, et débordante de mille activités, ma première visite est pour la citadelle, ouverte au public depuis 2010, année du millénaire de la capitale créée par l'empereur Ly Thai To. L'entrée Nord (Bac Mon) porte encore les traces des combats quand les français se sont emparés de la ville et on peut lire sur une plaque scellée sur la muraille : « Bombardement de la Citadelle le 25 avril 1882 par les canonnières Surprise et Fanfare ». A l'intérieur, de l'ancienne Cité interdite il ne reste que deux balustrades en forme de dragon surmontant une volée de marches qui permettaient d'accéder au palais Kinh Thien, mais la présence de plusieurs bâtiments coloniaux rappelle aussi que les français sont restés ici plus de 50 ans. En regardant la Porte de l'Horloge, je ne peux m'empêcher de penser au 9ème RIMa, régiment que j'ai eu l'honneur de commander en 1996, et qui fût créé, ici, le 10 mars 1890.

 

 

 

Héritier du 2ème Régiment de marche du Tonkin, le 9ème RIC sera non seulement un des acteurs majeurs de la pacification mais il se couvrira de gloire en Chine, en Annam, au Siam et en Sibérie. Le 9 mars 1945, le 9ème RIC, aux ordres du commandant Jacoby, disparaissait dans la tourmente du coup de force japonais après des combats héroïques ici même dans la citadelle; le lieutenant Millaur et deux sous-officiers réussiront à enterrer le drapeau du régiment sous une dalle d'entrée d'un pavillon de cadres célibataires,bâtiment qui logera le commandement japonais jusqu'à son départ d'Ha Noï... La caserne Brière de L'Isle n'existe plus, et de cette épopée il ne reste pas grand-chose, juste quelques photos dans un musée et ces vieux bâtiments dont celui du mess des officiers. Pourtant, en se dirigeant vers le Musée Ho Chi Minh à la sortie de la citadelle, la Pagode du « Pilier Unique » (Chua Môt Côt ) nous rappelle qu'elle figure sur l'insigne du 9ème RIMa , digne héritier du 9ème RIC qui aura porté haut et fier nos trois couleurs en Indochine .

Photos:

- 1748: Monument de Hué au bord de la rivière des Parfums à la mémoire de ceux de 14/18

- 1797: Citadelle de Hué

- 1898: Col des nuages

- 1870: gare de Hué

- 2335: arroyo dans le delta du Mékong

- 2187: Saigon: Tran Nguyen Hai face à la tour Bitexco

- 1517: repiquage du riz dans la région de Bac Hà

- 1252: DBP le pont Bailey

- 1250: DBP monument Rodel

- 1244:DBP Eliane 2

- 1141: Maï Chau

- 1084: Ha Noï Pont Paul Doumer

- 1094: Ha Noï Porte Nord de la citadelle bombardée par les Français en 1882

- 1098: Citadelle de Ha Noï ancien Mess officiers

- 1113: Pagode du Pilier unique (Insigne du 9ème RIMa)

- 1119: Citadelle d'Ha Noï Porte de l'Horloge

- 1070 :rue d'Ha Noï

- 2241: Villa blanche au Cap Saint-Jacques

- 2243 : Le Cap saint-Jacques

 

Lire la suite : Souvenirs qui passent

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Extrait des mémoires d'un Officier appelé du 2°RIC.S/LT Guy NAVEAU

 

 

                                                                                 Lieutenant Guy NAVEAU

 

Janvier 1957. A l'issue de mon peloton EOR à ANTIBES et après une permission d'une semaine à Noël, c'est le départ vers MARSEILLE puis le bateau « Ville de Marseille ».La traversée fut agréable, puis c'est le choc de la rade d'ALGER sous le soleil, le 4 Janvier.

La casbah blanche d'où s'élève brune, un beau décor avec un drame immense derrière. Presque aussitôt nous prenons le train vers BORD BOU-ARERIG, d'abord la MITIDJA Apparemment calme, puis les premiers rochers, les poteaux téléphoniques coupés les écoles françaises brûlées le défilé des gorges de PALESTRO et après une bifurcation la zone d'AKBOU, sale, misérable dans un décor grandiose d'oliviers centenaires. Notre histoire d'ALGERIE commence avec ce contraste permanent de populations misérables dans des'décors grandioses, des sourires d'enfants, aux visages renfrognés des adultes qui ont beaucoup soufferts. Une jeep nous attendait, nous montons au PC du 2° RIC, le Colonel COPPI nous reçoit, plutôt affable, nous donne notre affectation :pour moi la troisième section de la 9°compagnie à GUELAA. Mais pour parfaire notre instruction, il nous envoie trois semaine à ARZEW (Oranais) Au cours du stage nous avons sympathisé avec nos camarades du 2°Bataillon situé à ORLEANVILLE et ils nous invitèrent à venir passer la soirée à leur mess.

 

1enfants_kabyles_jouant_dans_les_champs

enfants kabyles jouant dans les champs

 

Le réveil fut difficile mais il fallait repartir vers ALGER. Au bout de quelques kilomètres, on trouva le train de la veille couché sur l'accotement, à la suite d'un attentat.

 

Lire la suite : Algérie 1957 Extrait des Mémoires d 'Un Officier du 2°RIC

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Problème de « WC » pour un adjudant d’unité. (2ème RIMa/1ère Cie).

Désigné depuis peu au poste très envié d'adjudant d'unité, véritable 2ème adjoint au commandant d'unité puisque, outre cette fonction, il est aussi chef de la section d'appui, comme tous mes camarades de l’époque je suis confronté aux problèmes récurrents de la propreté des WC ( « turcs » à l'époque !). C'est encore le système de la revue des TIG (travaux d'intérêts généraux) qui a lieu le matin avant le rassemblement, à 13h avant le rapport et en fin de journée avant l'appel du soir. Celles-ci sont passées par le sergent de semaine.

Après avoir mené une guerre d'usure avec le service de semaine et les adjoints de section auprès des utilisateurs, j'en suis venu à conclure que je me battais contre des fantômes car, jamais de responsables !

Que de fois le « PQ » n'est pas utilisé d'où, « virgules » sur la porte et les murs, déjections à 50cm de hauteur sur le tuyau de la chasse d'eau, bouteilles de bière dans le trou, tapisseries de vomi les soirs de beuverie, besoins faits à l'envers de peur de la « remontée des mauvais esprits » par le trou et j'en passe des meilleures…wceureka

Devant ce manque d'éducation, j'ai donc pris la sage décision de remédier à ce problème par la méthode pédagogique réglementaire pour rester dans la droite ligne du règlement: « DEMONSTRATION CADENCE NORMALE AVEC COMMENTAlRES: DE FACE, DE PROFIL ET DE DOS ». J'ai zappé les autres démonstrations, bien conscient que je ne pourrais pas tenir toute la séance !!!

Au rapport de 13h30, muni d’une boite de conserve de IKG, après avoir mis la compagnie au garde à vous, j'ai baissé mon froc et exécuté « le plus dignement du monde » ma démonstration devant l'air éberlué de certains chefs de section et de mon commandant d’unité, le capitaine SEZNEC.

Apres avoir remis à disposition la compagnie, celui-ci m’a demandé si je n' ai pas pété les plombs. Je lui ai répondu le plus sérieusement du monde qu'il manquait des cours pour viser dans « le trou des chiottes » et que j'en avais marre de prendre des réflexions sur la propreté de celles-ci lors de passages inopinés ou de leur utilisation. Bien entendu ce rappel à l'ordre n'a duré que le temps de quelques revues et la situation est redevenue, à mon grand dam, identique.

« Puisqu'il faut jouer, je joue » : la méthode pédago n'ayant pas porté ses fruits, j'ai fait enlever les portes des chiottes et installer une sentinelle devant les locaux, avec pour mission de vérifier la propreté après l'utilisation. Bilan : nette amélioration ! Cependant, la routine faisant son effet, le retour aux vieilles habitudes a vite refait surface et les menaces sont restées vaines.

Têtu, j'ai donné l'ordre aux plantons de regarder de visu que les utilisateurs visaient le trou et nettoyaient après leur passage, sous peine pour eux d'être de TIG pendant une semaine. Rapidement les résultats ont dépassé mes espérances : toujours nickel à n'importe quelle heure de la journée. Nos WC, désormais, rendaient heureux le chef et moi-même !!!

« Gros hic »! Nos marsouins avaient changé leurs habitudes, ils « polluaient » désormais ceux de la compagnie voisine. Ordre m'a alors été donné de me « démerder » avec mon camarade ADU de ladite compagnie dans les plus bref délais !

Heureusement, le rythme accru de projections et d’OPEX mit fin momentanément à ces « casses-têtes » récurrents de l’époque et me permit, enfin, d’envisager « l’avenir » d’un œil plus serein !!!…

Jean Claude GRAFFIN.

Nota : quelle belle preuve « d’abnégation et de constance » dans l’effort ! Le président.

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« ACCROCHAGE SINGULIER » PAR UN « ENNEMI DEROUTANT ».

                                

 OPERATION « TACAUD ». 1978. TCHAD.

 

 

CET EVENEMENT S'EST DEROULE A L'OUEST DE MONGO OU LA 1ère CIE OPERAIT DANS LA PROVINCE DU GUERRA.

 

LA SECTION DE L' ADJ COCO, APPELEE « LA SECTION NOIRE» DE PAR SA COMPOSITION DE MARSOUINS ET CADRES ORIGINAIRES DES DOM-TOM, EST DESIGNEE POUR UNE MISSION DE RECONNAISSANCE SUR LES ABORDS DE BARO.

 

BARO EST UN VILLAGE SITUE A L'OUEST DE L'ABOUT EL FAN, MONTAGNE AUSSI APPELEE LA DAME DE MONGO. PARTIS TRES TOT LE MATIN, LES GROUPES DE LA SECTION OPERENT DES COUPS DE SONDE SUR LES CAMPEMENTS DE TEDA ET DE KREDA INSTALLES AVEC LEURS TROUPEAUX DE MOUTONS ET DE BŒUFS, AFIN DE RECUEILLIR LE MOINDRE RENSEIGNEMENT SUR LES MOUVEMENTS POSSIBLES DES MEMBRES DE LA REBELION DU FROLINAT.

 

LE GROUPE DU SGT VOETGLIN S'APPRETE A DEBARQUER SOUS UN DES RARES ARBRES DE LA PLAINE POUR MENER DES INVESTIGATIONS SUR UN CAMPEMENT DETECTE ET A PORTEE D' APPUI. C'EST A CE MOMENT QUE LE GROUPE SUBIT UNE ATTAQUE D'UNE RARE VIOLENCE.

 

LA SOUDAINETE ET LA SURPRISE D'ETRE PRIS A PARTIE PROVOQUENT UN MOUVEMENT DE PANIQUE ET C'EST « CHACUN POUR SOI » POUR SE METTRE A L'ABRI ET HORS D' ATTEINTE. TOUS LES PERSONNELS SONT TOUCHES PLUS OU MOINS GRAVEMENT ET DANS LEUR AFFOLEMENT, CERTAINS ONT ABANDONNE LEURS ARMES.

 

2 OU 3 MARSOUINS COURAGEUX, RESTES A PROXIMITE DU MARMON TENTENT DESESPEREMENT DE DESENGAGER LE VEHICULE. A NOUVEAU TOUCHES, ILS REUSSISSENT A SE METTRE HORS DE PORTEE DES COUPS D'UN ENNEMI INSAISISSABLE ET TOUJOURS AUSSI DEROUTANT, PUISQUE LA RIPOSTE, S'IL POUVAIT Y EN AVOIR UNE, SERAIT SANS EFFET VU LA NATURE DE L'ENI ET SON MODE OPERATOIRE.

 

DE SON COTE, L'ADJ COCO MIS AU COURANT DE LA SITUATION VIENT A LA RESCOUSSE AVEC LE RESTE DE LA SECTION. APRES LES PREMIERS SOINS D'URGENCE ET VU L'ETAT EMPIRANT DE CERTAINS TOUCHES, IL DECLENCHE LES EVASAN PAR PUMA SUR LE POSTE DE MONGO. PENDANT CE TEMPS, IL FAUT RECUPERER LE VEHICULE ET LES ARMES ABANDONNEES A PROXIMITE.

 

POURTANT TOUCHE, LE 1ère CL VEDRENNE SE PORTE VOLONTAIRE ET S'EQUIPE POUR CETTE OPERATION PERILLEUSE ET DELICATE. ENFILANT SA « S3P » ET SON MASQUE A GAZ !!! CURIEUX NON ???...  IL S'ARME DE COURAGE ET SPRINTE VERS LE VEHICULE, TOUT EN RECUPERANT LES ARMES ABANDONNEES. MALGRE QU'IL SOIT DE NOUVEAU TOUCHE, IL REUSSIT A RECUPERER CELUI-CI ET A LE METTRE HORS DE PORTEE DE L'ENI. TOUT LE GROUPE SERA EVACUE SUR MONGO, VEDRENNE FERA PARTIE DE LA DERNIERE ROTATION.

 

CERTAINS SONT MECONNAISSABLES ET EN ETAT DE CHOC. LE TOUBIB ET SES INFIRMIERS FONT UN TRAVAIL REMARQUABLE POUR DIMINUER LES SOUFFRANCES DE CERTAINS. TOUS CES COURAGEUX MARSOUINS SERONT SOIGNES A MONGO ; AUCUN NE SERA EVACUE SUR N'DJAMENA ET ILS REPRENDRONT LES ACTIVITES DANS LES 48 H.

 

JE N'AI PAS ENCORE PARLE DE L'ENI , DE SON NOMBRE, DE SA NATURE, DE SON MODE OPERATOIRE, VOUS LAISSANT SUR VOTRE FAIM… CE FAIT, N'APPARAIT QUE SUCCINTEMENT DANS LE COMPTE-RENDU D'OPERATIONS, PUISQU'IL N'A JAMAIS FAIT PARTIE D'UN ENI POTENTIEL POUVANT OCCASIONNER DES PERTES ET DES MISES HORS DE COMBAT. POURTANT CE JOUR-LA, LA SECTION DE L'ADJ COCO S'EST TROUVEE DECIMEE D'UN GROUPE, DONC INOPERATIONNELLE SUR LE FAIT ET CE, PENDANT UNE SEMAINE. DE PLUS, LES MOYENS ALAT MIS A LA DISPOSITION DE LA COMPAGNIE POUR TOUTE INTERVENTION ONT ETE HYPOTHEQUES POUR LES EVASAN, AUGMENTANT AINSI LES TEMPS DE REACTIVITE ET D'INTERVENTION SI LE BESOIN S'ETAIT AVERE.

 

EPILOGUE: CET ENNEMI SINGULIER, DIFFICILEMENT DETECTABLE, MAIS TERRIBLEMENT EFFICACE, N'EST SIMPLEMENT QU'UN GROS ESSAIM DE GUEPES QUI N'A PAS APPRECIE D'ETRE DERANGE DANS SON REPAIRE PAR DE VAILLANTS MARSOUINS PAS DU TOUT PREPARES A CE GENRE D'ATTAQUE.

 

MORALITE: DANS LA PREPARATION D'OPERATIONS, CHAQUE DETAIL A SON IMPORTANCE ET TOUT PARTICULIEREMENT CE RISQUE "DES PERIODES ESTIVALES" !!! DONC PAS D'ECONOMIES DE CE GENRE DE DETAIL QUI PEUT FAIRE SOURIRE IRONIQUEMENT, MAIS POUR MA PART, JE NE CONNAIS PERSONNE QUI N'AIT PAS PEUR DE CES « PETITES BEBETES »  !!!!!!!  IL Y EN A BIEN D’AUTRES !!!!!

 

Jean Claude GRAFFIN.

 

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« L’ARMEE D’ARMISTICE ».

 

« Il faut cesser le combat ». Après cette malencontreuse déclaration, le 17 juin 1940, du maréchal Pétain (au gouvernement depuis le 18 mai précédent et nommé Président du Conseil le 16 juin), Hitler pouvait rayer, enterrer, l’armée française en déroute. Cette sanction était crainte par les responsables français qui, le 22 suivant, demandèrent l’armistice en redoutant des conditions draconiennes.

General_Huntziger

 

Aussi, est-ce avec soulagement que le général Huntzinger, négociateur nommé par Weygand, à la lecture du diktat allemand, imposé et non discutable, constata qu’il ne contenait aucune allusion blessante, ni contraire, à l’honneur de la France. En plus, y était stipulé que la flotte serait neutralisée, mais resterait sous les ordres de ses amiraux ; qu’une armée stationnerait en zone non occupée, chargée d’y maintenir l’ordre ; ce qui restait de l’armée de l’air restait en l’état ; pas d’occupation de la rive gauche du Rhône, de la Corse, de Tunis et de Djibouti (comme le demandaient les Italiens !).

 

Lire la suite : Armée D'Armistice

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Crédits photos Ouest France

Préambule : « Des évènements récents de notre vie quotidienne nous rappellent assez souvent, qu’il n’y a pas de présent compréhensible, ni de futur prometteur, sans passé connu et expliqué. Aussi, ai-je lu, avec grand plaisir, car bien présentés dans notre bulletin semestriel, les articles du docteur J.F. ROUX, de Sébastien ALBERTELLI, celui sur le BCRA et celui sur l’épopée de nos si vaillants (j’en ai été témoin) tirailleurs du Maghreb, avec qui j’ai combattu l’ogre nazi en 1944. Comptes rendus instructifs qui remettent en évidence cette maxime : si nous n’avons plus de mémoire…nous n’aurons plus d’histoire. La vie des peuples se perpétue, non par les possédants et tenants des divers pouvoirs, mais par les récits de témoins d’évènements souvent inconvenants, qui peuvent en divulguer les vérités, parce qu’ils n’en tirent pas profit. Alors, je relève, à mon tour, la gageure de raconter mon vécu dans les années 1940-1945 ».

 

 

                                              « MA DROLE DE GUERRE ».

 

Pourquoi après un si long silence, raconter des anecdotes vécues de mon temps de guerre, période d’un monde violent -pour nous Français sous la botte écrasante Allemande-, de vexations et de menaces quotidiennes pour ceux qui ne baissaient pas l’échine, alors que les traumatismes émotionnels de cette guerre 39/45 (on ne sort évidemment pas indemne d’un environnement aussi cruel) et l’incompréhensible imbroglio de nos diverses politiques au cours des années suivantes pèsent encore assez fortement, pour empêcher la plupart des victimes de la 2ème guerre mondiale de relater sereinement leurs douloureuses expériences ?

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Arrivee de soldats allemands en gare du Mans

Ce long silence peut s’expliquer par la hantise que nos propos de rescapés soient tournés en dérision, par des interlocuteurs distraits et peu enclins à lire ou écouter la relation d’évènements qui leur révèleraient la fatuité de leur vie insouciante, si ce n’est pour nos contemporains de ce temps, une contraignante neutralité -voire une collaboration avilissante avec l’occupant (il n’y avait pas beaucoup de résistants avant 1944 : la dureté de la vie courante ; l’obsession des arrestations ; les 2 millions de prisonniers… peuvent expliquer cette carence !)-… mais aussi, la désastreuse guerre d’Indochine (45/54) dans laquelle l’Armée Française s’enlise malgré sa vaillance, épuisée, usée, par d’incohérents changements de notre politique malheureusement encore coloniale : « ah, si l’on avait laissé le général Leclerc la commander…mais il gênait et devenait trop populaire… » ; puis, de 1955 à 1962, la déprimante, irréelle, tentative de « pacification » des Algériens révoltés, dont la solution finale déshonore bien des belligérants. 23 ans de combats, d’incompréhensions grinçantes entre la Nation et son Armée avaient annihilé le peuple fatigué de tout ce fatras.

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Avenue Olivier-Heuze

Alors, à moi tout du moins, il me semblait déraisonnable de remettre sur le tapis, la « der des der » si douloureuses pour ceux qui la subirent, mais qui s’estompait dans l’esprit d’une population aspirant à plus de tranquillité ! Quant aux jeunes de ces années-là, pour la grande majorité d’entre eux, la libération des mœurs, les plaisirs, obscurcissaient leur reconnaissance envers ceux qui avaient sauvé leur liberté : les années s’égrainaient, l’oubli endormait les consciences !

 

Le sujet refit surface en 1981, suite aux attaques méprisantes d’échotiers malfaisants contre le nouveau Président de la République. De nombreuses personnes, surtout des étudiants, demandaient des explications pour étayer leurs réflexions sur la période régnante des nazis ou autres fascistes. Il est vrai que ceux-ci, de nouveau, martelaient la pavé, profitant du laxisme des démocraties.

Des associations concernées s’alarmèrent, firent chorus, et en plus d’elles, invitèrent ceux qui avaient un vécu combatif de ce temps mal enterré, à en parler au nom du « Devoir de Mémoire ». C’est ce qui me décida à « me raconter ».

 Le_soldatenkino

Le soldatenkino_place_de_la_Republique

Je n’avais que 16 ans en 1940, lorsque les hordes nazies envahirent le pays. J’étais très remonté contre eux, car mon père m’avait plusieurs fois emmené pour transporter des blessés de leurs ignobles mitraillages et bombardements : 2 fois en gare de Sablé notamment. Il avait récupéré une camionnette et j’avais chapardé, dans un dépôt anglais, en forêt de Pescheray (mon pote faisant le guet) des bidons d’essence. J’avais en l’occurrence, essuyé des coups de feu des sentinelles qui n’avaient sûrement jamais autant tiré sur l’ennemi ! Le premier  que je vis, dormait près de sa moto, sur la talus d’un petit chemin de la forêt. J’en sortai, alors que déboulait sur la grande route, l’avant garde d’une colonne blindée boche. L’officier de tête fit bifurquer sa chenillette vers moi et tenta de m’assommer avec, il me semble, une barre de régulation. Il me loupa de peu la tête, m’atteignant les deux épaules et le dos ; je tombai groggy. Je rentrai à la fermette de l’oncle Baptiste ; il me massa les épaules, à la goutte, m’en fit boire un peu et vint coucher avec moi dans l’écurie -la maison étant occupée par de la famille mancelle et des réfugiés-. Je restai à la ferme, finir les foins, après que l’oncle m’eût emmené chez un « toucheur » de ses amis, comme lui, ancien roulier au long cours. Puis je rentrai à Sablé reprendre mon travail à l’imprimerie Coconnies, définitivement rebelle.

 

un panzer place de la république

 

 


Un millier de « vert de gris » occupait la ville, arrogants, bien nourris ; ils logeaient chez l’habitant (on en avait 2 à la maison). J’étais déconcerté de constater l’obéissance apeurée de trop de gens à leurs ordres gutturaux, de ne pas déceler des mouvements d’humeur, de rébellion, devant la morgue de leurs chefs. J’en ai vu gifler des piétons qui ne leur laissait pas assez vite le passage sur le trottoir. Je pris mon lot de bottes, en évitai pas mal en jouant au toréador. La population était apeurée, subissant douloureusement la honte de la débâcle, et s’inquiétait sur le sort de ses soldats ? La préoccupation essentielle : de quoi assurer les maigres repas ! Tout le monde encensait Pétain, soutenu par une droite revancharde et par un clergé qui en faisait le sauveur de la France. Puis vint l’opération « Charme  de la Wehrmacht », les dirigeants du Reich espérant un rapprochement militaire avec la France. Alors, la collaboration, déjà dans les esprits, s’amplifia ! Ensuite, l’imitation flatteuse de la discipline des vainqueurs, certains par goût de l’ordre, d’autres par «  servitude servile », par lâcheté, opportunité ; certains en rajoutent, semblant prêts, dans leur propre pays, à vivre sous le joug de maîtres sadiques, en s’excusant presque d’exister ! Comment ou pourquoi les rescapés de 14/18, leurs descendants, ont-ils pu tolérer autant d’hommes et de femmes qui se sont avilis, nous couvrant de honte ?




 

Avec des copains, William Maisonneuve, Charles Chaumont, Eugène Parmentier, nous luttions selon nos moyens : sabotage de véhicules, mélange de pancartes indicatrices, surtout celles indiquant la route pour l’usine de munitions, déchirant ou maculant de boue les affiches de propagande… C’était dangereux avec le couvre-feu imposé ; William est devenu exalté, imprudent. Il voulait organiser des attentats. Gégène avait récupéré un revolver et des balles. Un soir, nous étions dans la salle de ping-pong du patronage, il nous le montra. On entendait une section d’allemands qui montaient le faubourg en chantant. William voulut le prendre et tirer. On le maîtrisa avec peine. Il se fâcha. Gégène (quelle connerie lui passa par la tête ?), me mit en joue et tira ; il y avait une balle dans le canon du revolver, elle me frôla au point de brûler le revers de ma veste. On s’enfuya par les « Grands Jardins Langlais », nous réfugiant dans les écuries de l’hôtel de la « Boule d’Or », où festoyait la soldatesque abhorrée. On y passa la nuit. William rejoignit un groupe très engagé…On ne le revit jamais !

 

Avec Gégène, un soir, on se battit contre deux soldats qui se moquaient de nous ; ils nous enlevaient nos bérets, nous coiffant de leurs casquettes. Ils eurent le bon sens de ne pas se servir de leurs baïonnettes pendues à leurs côtés ; il est vrai qu’ils avaient le dessus. On rompît, la rage en nous, avant d’être trop amochés. Une autre fois, on jouait au billard, au café Landeau, angle du faubourg et de la place de la République ; deux « doryphores » voulurent prendre nos places en nous bousculant méchamment : empoignades, coups de poing… Gégène disparut, dans l’étroit escalier, pendant que je me débarrassai de mon opposant d’un coup de pied bien placé (merci Père Ferdinand, notre moniteur de gym et de boxe française), mais l’autre soldat me serrait de près quand je sortis du café ; mon père qui débouchait de la rue de l’Ile, en face, enregistra de suite la et heurta mon opposant.

 

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Les nazis avaient rompu « Charme » ; ils étaient de nouveau très belliqueux. Je me camouflai dans des fermes, aidant aux moissons (Maison Neuve, Le Clos du Bois, l’Outinière sur Pincé). Dans une imprimerie à Segré, chez un ami de mon père, on y imprima des tracts vantant de Gaulle, les distribuèrent, même en les collant sur des affiches collaborationnistes ! Je revins dans les environs de Sablé, travaillant à l’usine Winterberger, à la SACER comme terrassier, chez Lebourdais (vins et spiritueux)… Avec les copains, on se voyait le samedi soir et le dimanche. Souvent à la Boule d’Or, sans abuser, la tenancière nous acceptait… On avait mouillé son fils Maurice dans plusieurs de nos exactions pour museler son caquet !

 

Un samedi soir, avec Gégène, elle refusa de nous laisser entrer : sa salle était bondée de boches en fête. On se réfugia dans une des écuries… Se gara alors, sous le porche, une grosse limousine, en descendit le chauffeur qui ouvrit une porte arrière. Le chauffeur, en plusieurs voyages, entreposa des victuailles dans le coffre de la voiture. On vit l’officier, avec une fille, entrer par le balcon dans une chambre et, intrigués, vîmes arriver un taupier de connaissance, son vélo chargé de deux paniers. Il transborda l’un dans le coffre de la limousine, soit six poulets vivants, les pattes attachées, puis rentra au café. Excités par ce que l’on voyait faire, on souleva le panier de devant le vélo du taupier (un furet y était enfermé dans une cage). Comme de bien entendu, on le libéra et l’installa dans le coffre de la limousine. Quel charivari, le furet était à l’aise… On creva un pneu à la voiture et on s’enfuya dans la nuit…vengés et heureux du coup réalisé ! Revenu chez Baptiste, je l’aidai pour la nourriture et l’abri, à tirer la pierre dans sa carrière et à faire du bois dans la forêt tout l’hiver. Quand la bougeotte me tenailla, je repris mon bâton, musette garnie sur le dos et pris la direction du sud, vers la zone libre, pour rejoindre les troupes dissidents gaullistes.


 

De talus reposants en fermes accueillantes (trop peu !), je taille ma route, têtu, obstiné vers mon but : l’Armée ! A la campagne, en forêt, surtout seul, les problèmes s’estompent, les remous des villes évités, on se consacre au mieux, aux exigences que l’on s’est fixées. Réveillé par les chants de l’aube me donne du courage pour le nouveau jour qui point. Je réussis seul à franchir « la frontière » et j’arrive à Châteauroux. A la caserne, j’explique mon cas. Avec d’autres, on me convoie jusqu’à Nîmes, puis dans un camp militaire sur la route d’Uzès. Je suis déçu, on est mal traités, affamés, les chevaux que l’on garde… En m’engageant pour le 2ème RIC, je fus désigné pour rejoindre la lignez Marreth dans le sud tunisien. Alors que j’étais embarqué, à Marseille, sur un cargo en partance pour l’Afrique, l’invasion de la Zone Libre par les allemands (suite au débarquement américain en A.F.N.) ainsi que le blocus des ports par la marine italienne (que notre superbe flotte en rade de Toulon aurait pu chasser aisément) m’empêchent de rejoindre mon affectation.

  

Revenu à Perpignan, habillé de neuf, ma nouvelle compagnie tente de rejoindre sa position vers le frontière d’Espagne. Le général de Lattre de Tassigny et des réseaux de résistants, ravitaillés en abondance en armes par les Anglais, avaient envisagé de créer un front de résistance. C’était réalisable si les dissensions entre les Alliés puis entre Gaullistes-Giraudistes-Vichystes et différents réseaux importants n’avaient fait capoter cet espoir de laver notre honte ! Section par section, on essaya de résister à travers les Corbières jusqu’à Castelnaudary. Mitraillé, toujours aussi affamé, encerclé, ne voulant pas être prisonnier des Teutons, j’arrive à m’enfuir. Me camouflant le jour, marchant la nuit, après bien de embûches, je parvins à rentrer chez mes parents, éreinté !

 

Mon repos ne dura guère, dénoncé, je dus reprendre mon errance et réussir, très difficilement, à franchir une nouvelle fois la « nouvelle frontière », sévèrement surveillée, essuyant au passage des tirs de sentinelles d’une patrouille lancée à mes trousses (cet épisode mériterait un plus ample développement pour en saisir toutes les difficultés). Je suis arrêté par des gendarmes français et emprisonné à Saint Aignan. Relâché, cahin caha, après de nombreuses mésaventures, toujours aussi obstiné à rejoindre les forces gaullistes, j’arrive dans un petit village catalan. Recueilli par des braves gens -Mr et Mme Noly-, malgré le danger que je représente, ils me demandent de tenter de passer en Espagne. Les sentiers étant impraticables (on est en janvier 1943), je m’embauche dans le coin, comme tâcheron, aux mines de Batère, dans une papeterie, séjournant parfois dans des camps de républicains espagnols, participant avec eux à des intimidations armées sur des postes schleus. A l’une de leurs bagarres, où je fus mêlé, la police mandée (il y avait des blessés !), je dus quitter le coin.

 

Sans travail, très fatigué, j’eus des nouvelles de mon père, par l’intermédiaire du fils Moly (avec qui je correspond encore maintenant) : sur le point d’être arrêté par les allemands, il s’était enfui, lui aussi, et travaillait dans les Landes ; il me proposait de venir le rejoindre si j’étais trop malheureux. Ce que je fis. Il ne put me faire embaucher dans son entreprise. Je terminai mon voyage dans un camp de travail allemand, peuplé de pauvres hères comme moi, de nombreuses nations opprimées. J’entrai de suite dans un groupe qui sabotait le plus possible. Je restai 3 mois dans ce camp. Une nuit, surpris au cours d’un sabotage, je poussai le gardien dans un trou de terrassement. Grâce à un copain polonais qui occasionna un court-circuit, je parvins à m’enfuir. Je me reposai chez des espagnols qui travaillaient à la poudrière Saint Médard : ils étaient jeunes. Reprenant mon cours, de ferme en ferme, je revins en Sarthe. Ayant acquis de faux papiers, je fus réquisitionné par les allemands pour être intégré (avec en plus de ma paye des indemnités de déplacement !) comme manutentionnaire dans un entrepôt de vivres et de matériels, en gare de triage au déchargement des wagons à la Cartoucherie. Alors là, je sabordai et espionnai en plus ! Je subis plusieurs gros ennuis, que je raconterais peut-être un jour ! La gendarmerie française, sentant le débarquement allié proche, vira alors sa cutie !

 

Ainsi, comme d’autres soldats évadés comme moi, on me réintégra dans l’armée. Je participai alors à la libération du Mans et de ses environs. Mon régiment ayant débarqué en Provence, je le rejoignis ENFIN. Au sein de la 1ère Armée Française, sous les ordres de De Lattre De Tassigny, je participai à la libération de la Côte d’Or, de la Haute Saône et du Jura, aux très éprouvants combats dans les Vosges, en Alsace, en Lorraine, en Allemagne, jusqu’à la victoire du 8 ami 1945. Ces combats sont nommément inscrits sur l’état signalétique que l’on m’a remis à ma démobilisation.

 

                                                    Signé : « l’Ancien ».

 

PS : les souvenirs dorment en nous, conservés dans un fond de tendresse, que le temps ne parvient pas à ternir. Dans les moments de doute, de mélancolie, des voix disparues me reviennent, compagnes apaisantes de mes insomnies, qui égrènent des mots rassurants… Des mots qui dorment en moi… Qui renaissent quand le soleil change les couleurs, que la pluie chante autrement… que la nuit efface le jour…..

                                           Camille HOUDBINE (amicaliste).

 

 

Nota du président : mon cher Camille, la lecture de ton récit m’a bouleversé. Puisse-t-il servir d’exemple aux jeunes générations qui nous suivent. Tu n’as fait que ce qu’il te semblait nécessaire de réaliser à l’époque, avec tes moyens, ta conviction profonde et ton amour de la Patrie. Je m’incline très respectueusement devant ton action.

 

Amis lecteurs, rassurez-vous, Camille m’a laissé un autre récit, vous l’aurez prochainement. Quant à toi, Camille, nous avons encore besoin de tes « souvenirs », sinon la mémoire viendra à disparaître ! TD.

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« CE QUE L’HISTOIRE A CACHE ».

"Le 10 décembre 1960, je suis à la section de commandement du commando V11 du 2ème RIMa, sur le piton de Dabbouzes à Akbou. A 3 heures du matin, avec mon équipe, je prends position sur la DZ, derrière le poste et là, il y a un cercle blanc. C’est l’endroit où va se poser l’Alouette du général de Gaulle et j’en suis le responsable. Cette visite n’est répertoriée dans aucun manuel d’histoire : je vais vous expliquer pourquoi !

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Il (le général de Gaulle) arrive dans la matinée, escorté de 48 hélicos de toutes tailles et dans chacun d’entre eux, il y a des hommes en armes. L’Alouette se pose. Je fais présenter les armes ; le général me sert brièvement la main et monte dans la jeep qui le conduit au PC d’Akbou.

Pour le repas de midi, il y avait là, tous les chefs d’unité du 2ème RIMa, mais ce repas n’était pas l’objectif de ce jour, pas plus que l’inspection des troupes. La raison précise était que Mohand Oul Adjj, chef de la Willaya 3 en avait marre de faire couler le sang et avait envoyé un émissaire pour négocier avec de Gaulle.

Le général a refusé toutes les propositions. Le téléphone arabe a aussitôt fonctionné et les huées ont commencé. Immédiatement, il a donc fallu évacuer tout ce petit monde en vitesse. En montant, le général a été acclamé, mais à sa descente les huées ont été violentes : de Gaulle est un lâche, de Gaulle assassin, de Gaulle au poteau, etc…

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Lorsque le général est arrivé pour prendre son hélico, un colonel rouspétait parce qu’il n’y avait rien de prévu pour lui ! Le général lui dit : prenez le mien, je vais monter avec les hommes de troupe ! Et c’est ce qu’il a fait, il est monté dans une banane.

Longtemps après avoir réfléchi, je pense que de Gaulle était malin : si par hasard son hélico avait été pris pour cible, il n’était pas dedans ! ».

Ps : « cette histoire est authentique et il y a encore aujourd’hui beaucoup de vivants pour en témoigner. Cependant, il n’y avait aucun journaliste et aucun photographe ! ».

Michel POMMERET (amicaliste et ancien du commando V11).

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ANECDOCTE SUR UNE COURSE D’ORIENTATION.

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DANS LES ANNEES 1974-1975,  LA COURSE D'ORIENTATION EN EST A SES BALBUTIEMENTS DANS LES UNITES MILITAlRES. RECEMMENT INSCRITE DANS LE PROGRAMME TOPO DU « CT2 INFANTERIE » ET, RESPONSABLE DE NOMBREUX ECHECS A CET EXAMEN, EN ETANT ELIMINATOIRE POUR UNE NOTE INFERIEURE A 06,5/20; LES CADRES SE METTENT A PRATIQUER CETTE NOUVELLE EPREUVE A LA FOIS SPORTIVE ET NECESSAlRE AU BAGAGE TECHNIQUE ET TACTIQUE DES FUTURS CHEFS DE SECTION.

L' AVENTURE QUE JE VOUS REVELE S’EST DEROULEE A LA COURTINE(45°42'59"N 2°14'59"E) EN 1975. A CETTE EPOQUE, LES CO SE DEROULAIENT SUR 8 A 10 KMS AVEC 10 A 16 BALISES A DECOUVRIR, SUIVANT LA DIFFICULTE ET LE NIVEAU ATTEINTS. LES CARTES UTILISEES ETAIENT LE PLUS SOUVENT AU 1/50000 ET TRES RAREMENT AU 1/25000. LE LIEU ET LA CARTE AU 1/25000 UTILISEE ONT TOUS LES DEUX LEUR IMPORTANCE DANS CE QUI VA SE DEROULER -LE CAMP DE LA COURTINE ETANT SITUE DANS LA CREUSE ET FRONTALIER AVEC LA CORREZE- . LA CARTE POURTANT PLUS PRECISE VA PERTURBER LEURS UTILISATEURS PEU HABITUES A AVOIR UNE REPRESENTATION A 250M DU TERRAIN.

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L'EPREUVE EST PREVUE SE DEROULER ENTRE 8H ET11H00 DU MATIN, AFIN DE PERMETTRE LA REACTIVATION DES CHAMPS DE TIR A PARTIR DE 13H00. ELLE SE DEROULE NORMALEMENT, AVEC « DIVERSES FORTUNES » POUR LES CONCURRENTS ET TOUS ONT RALLIE L' ARRIVEE AVANT 10H45, SAUF LE SCH CAMUS DE LA 4°CIE. NOUS SAVONS TOUS QU'IL « EST FACHE » AVEC LA TOPO, MAIS LE CT2 APPROCHANT,  IL FAIT DES EFFORTS POUR SE METTRE A NIVEAU. LE TEMPS PASSE ET TOUJOURS PAS DE CHEF A L'HORIZON OU DANS LES PARAGES. LES ORGANISATEURS COMMENCENT A S'INQUIETER ET, AVEC LES JEEPS RATISSENT ET APPELLENT SANS SUCCES :  SOIT IL S’EST PERDU, SOIT IL S'EST BLESSE ET NE PEUT REJOINDRE UN AXE QUI PERMETTRAIT SA RECUPERATION. LE TEMPS PASSE ET LE RESPONSABLE DE LA SEANCE REND COMPTE AU PC DU CAMP QU'UN CONCURRENT RESTE INTROUVABLE.

LA DECISION EST PRISE DE SUSPENDRE TOUS LES TIRS JUSQU'A NOUVEL ORDRE ET DE DECLENCHER DES RECHERCHES APPROPRIEES. LA MISE EN PLACE DU QUADRILLAGE VA ENGAGER 2 COMPAGNIES DU 2ème RIMA -DONT LA SIENNE-, 2 SER ET 2 L19 DE L'ALAT POUR LA RECHERCHE AERIENNE : CE QUI N'EST PAS MAL POUR UN INCIDENT DE CO !!! LES GENDARMES DE LA COURTINE SONT MIS A CONTRIBUTION POUR LE RENSEIGNEMENT AUPRES DE LA POPULATION : LEURS INVESTIGATIONS VONT S'AVERER PRIMORDIALES PUISQUE VERS 15H30, "NOTRE BON SCH" A ETE VU SUR UNE PISTE FORESTIERE, MAIS TRES LOIN DU PERIMETRE DE LA CO, PUISQU'IL EST EN CORREZE ET QU'IL EST « SORTI DE LA CARTE » !  APRES QUELQUES RECHERCHES CIBLEES PAR LA SER, IL EST ENFIN RETROUVE VERS 16H , TOUJOURS EN TRAIN DE COURIR A LA RECHERCHE DES BALISES !

BIEN ENTENDU, OUTRE LES SANCTIONS POUR AVOIR A LUI SEUL MOBILISE DE NOMBREUX MOYENS ET INTERDIT, DE FAIT, TOUS LES CHAMPS DE TIR, IL EST LA RISEE DE TOUS LES SOUS OFFICIERS DU REGIMENT ET DE LA DIVISION, CE QUI NE FAIT PAS TROP PLAISIR AU CHEF DE CORPS, LE COLONEL BATAILLE, QUI VA DESORMAIS « INTENSIFIER » LA FREQUENCE DE CES EXERCICES !!!

JEAN CLAUDE GRAFFIN

( 1 Vote ) 

Bonjour,

Je me nomme Franck CHOISI ancien du 2ème RIMA de 1990 à 1995.  Après être passé à la 1ère Compagnie de 1990 à 1992, mon adjudant de compagnie fut l'ADC VERHAEGHE Freddy; de 1922 à 1993 à la 11ème compagnie d'instruction du Capitaine FOURNIER; et de 1993 à 1995 à la 4ème Compagnie. J'ai été le clairon du Régiment, dont ma photo ci-dessous  Je suis en région Parisienne et je travaille depuis 1998 chez CANON France en tant que Coordinateur d'Activité Technique au SERVICE TECHNIQUE sur Paris la Défense 92.

Mes salutations à tous les Anciens du  2. et VIVE LA COLONIALE.

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Merci mon cher CHOISI pour ce bien gentil mot. Puisse-t-il servir d'exemple à d'autres frères d'armes du grand 2 et les inciter à faire de même. Tous les souvenirs et anecdotes seront les bienvenus. Ils nous serviront à "resserrer les rangs" et à faire vivre notre site informatique. Signé: le président.

( 1 Vote ) 

Mon colonel,

Médecin appelé, j'ai servi au 2ème RIMa, de septembre 1959 à septembre 1960 en Algérie, sous les ordres du colonel Cadoux. J'étais, en général, en poste à Akbou, Azib Ben Ali, Chérif, Soumamamm, Ben Selloum, Col de Tirmada... J'ai perdu le 06 juillet 1960, deux amis très chers: le médecin capitaine Rougetet et le capitaine Mesmin. Dure épreuve qui marque à jamais. Nos brillants marsouins sont maintenant en Afghanistan: une "sale guerre" également ! Tous mes voeux les accompagnent.

Et au nom de Dieu...vive la Coloniale.

Signé: le docteur Jacques Caburet.

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J’étais lieutenant au 2°RIMa, déjà surnommé « le Deuxième de Marine », de 1971 à 1973.

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A l’époque, le « Grand Deux » n’était pas le Régiment professionnel et opérationnel qu’il est aujourd’hui. Le problème n’était pas qu’il fût un régiment d’Appelés comme la quasi-totalité de nos régiments, le problème était que nous étions dans la triste période 1970 / 74, quatre années qui furent fort pénibles pour nos Armées par absence de politique militaire : alors qu’il aurait fallu prendre des décisions, le gouvernement (Premiers ministres Chaban-Delmas puis Pierre Messmer, Présidence Pompidou)

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baissait continuellement les crédits et imposait au budget des Armées des charges financières nouvelles comme par exemple des interventions massives pour la protection civile. L’on ignorait jusqu’où l’on descendrait dans l’indigence et l’indifférence.

La bonne volonté des Appelés était sans faille à l’exception de quelques uns, assez rares, qui étaient antimilitaristes par idéologie. Les Appelés, et en particulier ceux du 2°RIMa au camp d’Auvours, avaient du mérite à supporter le Service Militaire Obligatoire dans les conditions de pauvreté qui leur étaient faites. Ils étaient payés 50FF par mois, une misère : avec une si faible solde, plusieurs d’entre eux ne pouvaient pas payer le billet de train tarif quart de place pour rentrer chez eux une fois par mois.

Les chambrées étaient chauffées par des poêles à charbon mais il n’y avait pas de charbon : j’emmenais mes Appelés ramasser du bois dans la forêt domaniale voisine, discrètement et sous prétexte de sortie sur le terrain.

Circonstance aggravante : à la même époque, la presse faisait un scandale parce qu’il n’y avait pas partout le chauffage central dans les prisons. Mais personne ne s’intéressait au sort des Appelés.

Difficile de leur expliquer dans ces conditions que l’état de Soldat de la République était une situation honorable. On y arrivait tant bien que mal mais l’ambiance était morose, l’alcoolisme menaçait les plus faibles de caractère.

La situation que je décris ci-dessus, je l’ai déjà racontée (sans préciser qu’il s’agissait du 2°RIMa car la pauvreté était la même dans tous les régiments) sur le blog « secret défense » de JDM, ici : 09/12/2009 à 12:00

Pour l’encadrement de contact il était difficile, voire impossible, de faire une instruction militaire sérieuse avec le peu de moyens dont on disposait. Je me souviens d’un chiffre : 400 cartouches par arme et par an pour le tir aux armes automatiques. C’est-à-dire qu’avec des armes tirant à la cadence de 600 coups / minute, ça faisait quarante seconde de tir par année !

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Nous l’encadrement, nous faisions ce que nous pouvions pour gérer la pénurie. Plus exactement qu’une formation militaire digne de ce nom, nous donnions à nos jeunes Appelés une « éducation militaire » : être à l’heure et en tenue, savoir se débrouiller sur le terrain, les règles impératives de sécurité avec les armes. Du fait que nous étions TDM, l’encadrement gardait à peu près le moral avec la perspective d’un prochain séjour individuel outre-mer ou l’idée de pouvoir un jour rejoindre l’un des Régiments d’engagés qui commençaient à être créés : le 3°RIMa passait en Engagés depuis 1969 avec la création du DEVOM (détachement d’engagés volontaires pour l’outre-mer)

 

lire

Création du DEVOM au 3° RIMa

, le RICM avait un ou deux escadrons d’Engagés.

Avec nos Appelés l’on prenait « l’alerte Guépard » pour, en principe, être prêts à partir en intervention urgente en Afrique. Mais l’on savait qu’une alerte à douze ou vingt-quatre heures était forcément bidon : pour envoyer des Appelés en intervention outre-mer, il aurait fallu un vote du Parlement, ou susciter des volontariats incontestables, ce qui ne peut pas se faire instantanément.

Pour ma part, cette période au 2°RIMa a pris fin en 1973, lorsque j’ai été muté pour deux ans en Guyane. Au retour j’ai obtenu le 3°RIMa, ce qui m’a permis de participer à l’Opération Tacaud en 1978, comme je l’ai raconté par ailleurs : http://operationtacaud.wordpress.com/

Au cours de cette opération Tacaud, un sergent-chef du 2°RIMa (je regrette d’avoir oublié son nom) a été affecté en individuel à ma compagnie pour remplacer un rapatrié sanitaire. L’opération Tacaud, s’ajoutant à la FINUL, a montré que nous étions limite en effectifs pour les interventions OM : dès lors il était logique que les TdM fussent en pointe de la professionnalisation, compte tenu de leurs traditions et de l’expérience outre-mer de la plupart des Cadres. C’est ainsi que le 2°RIMa a commencé de passer en Engagés vers la fin des années soixante-dix.

Yves Cadiou

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