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SUITE 1.

 

Grâce au répit que la victoire de leurs aviateurs permettait, les britanniques reprirent des forces, abondamment ravitaillés par les américains. Pendant ce temps, en Libye, les italiens, en force, voulaient s'implanter. Pour les anglais, le contrôle de la Méditerranée était pour eux vital. Quand les « ritals » les bousculèrent, menaçant d'envahir l'Egypte, ils ne pouvaient plus leur opposer que quelques divisions essoufflées. Ils avaient un genou à terre. Fallait ruser, cacher son état, tromper les italiens... Utilisant des centaines de tanks, canons, véhicules en caoutchouc qui se gonflaient comme des baudruches, ils fabriquèrent une armée factice, impressionnante de vérité... Ils tracèrent des pistes, y firent trotter de nombreux chameaux traînant derrière eux des engins qui soulevaient de gros nuages de poussière, empêchant les aviateurs ennemis de découvrir leurs tromperies. Leurs photos faisant croire, au contraire, à une imposante concentration de blindés préparant une attaque massive.

Impressionné, l'état-major italien donna l'ordre de se mettre en défensive et de s'enterrer, tanks et canons braqués vers l'ennemi. Les anglais les attaquèrent, de nuit, sur les côtés, semant une pagaille monstre chez les italiens qui retraitèrent en désordre, laissant tout leur matériel enterré et 130 000 prisonniers. La ruse avait démontré son efficacité, ce qui amena Churchill, qui jubilait, à créer une entreprise inventive en tromperies, artifices et stratagèmes.

 

 

Dorénavant, tous les états-majors anglais possèderaient un bureau centralisateur des renseignements fournis par leurs espions et où opéreraient des hommes spécialisés dans la mystification. De petits détachements britanniques opérant tactiquement comme une guérilla, se ravitaillant dans les dépôts « ritals » que ceux-ci avaient aménagé au cours de leur avance, mirent l'armée du duc d'Aoste en déroute, la repoussant à son point de départ. Le rêve de Mussolini, la domination en Afrique s'écroulait... il implora l'aide des allemands !

L'Afrika Korps débarqua, non pour sauver les italiens, mais pour établir au Proche Orient une domination nazie : le désert libyen était le chemin d'invasion de l'Egypte qui secouait le joug que leur imposait les anglais. A sa tête, un général talentueux, bien vu des nazis, bien que n'adhérant pas au « Parti » : Rommel, dont la ruse, l'audace et l'habileté allaient presque anéantir les anglais, dans la bataille cruciale à venir.

« Ultra » informa de ses intentions l'état-major british qui n'en pouvait, ne disposant que de peu de troupes, de surcroît très affaiblies par leur course-poursuite des « ritals ». Ils firent à reculons le chemin parcouru. Les combats dans le désert sont éreintants, autant pour le matériel que pour les hommes... Rommel stoppa son avance, pour organiser le ravitaillement de son armée. La ténacité anglaise, l'aide d'une division australienne, récemment débarquée à Alexandrie et des brigades gaullistes qui établirent une ligne de front fournirent un répit salutaire aux britanniques de nouveau aux abois. La deuxième poussée des « boches » fut d'une efficacité terrible... dix jours de combat furieux.

Les généraux anglais, au contact, privés « d'Ultra » communiquaient par radio. La supériorité des allemands, en ce domaine, était très évidente... les blindés anglais furent durement châtiés. L'Afrika Korps fonça jusqu'aux champs de mines et barbelés d'El Alamein où il fut quand même arrêté, notamment par l'héroïque résistance de troupes gaullistes, dans lesquelles s'illustra un bataillon de républicains espagnols, mais aussi par la nécessité de devoir ravitailler avant d'espérer pénétrer en Egypte, son but principal. Cet arrêt dans leur offensive leur empêcha de mettre l'Angleterre à genoux et permis aux américains, par Alexandrie, de reconstituer l'arment des troupes anglaises.

Churchill vint de suite au Caire pour remédier au désastre. Il était persuadé que la route vers Berlin partait d'Egypte. Que Rommel envahisse ce pays, annexe le canal de Suez et la suprématie allemande devenait une réalité. Il comprit de suite que les mesures prises pour préserver « Ultra » étaient une des causes des désastres, mais n'expliquaient pas les embuscades meurtrières de l'ennemi, tendues à bon escient ; il lui fallait vite trouver les causes afin de les neutraliser. En attendant, trois raids de commandos furent montés pour tenter d'assassiner Rommel... ils échouèrent. Hasard ? Une escarmouche « payante » sur un poste émetteur avancé permit cependant d'y trouver des documents qui, à leur lecture, révélèrent qu'un code radio anglais était connu des allemands ;

Une enquête vite diligentée découvrit que les clés du « code noir », utilisé par les attachés militaires américains, qui avaient accès au code anglais pour répercuter les renseignements sur Washington, avaient été volées, chez l'un d'eux, par une espionne qui était employée comme femme de chambre ! Les américains changèrent naturellement de code mais, à la demande des anglais, le « fautif » continuerait d'émettre avec le « code noir », pour éventuellement fournir aux nazis de fausses informations. Il était enfin urgent que les « amerloques », toujours neutres, qui s'enrichissaient honteusement avec les ventes d'armes, comprennent que la guerre, en cours, n'était pas une simple chevauchée de cow-boys exterminant des indiens !

Des interrogatoires musclés de prisonniers allemands, des patrouilles infiltrées assez loin, permirent aux Alliés de situer l'endroit d'où émettait l'ennemi. Des commandos australiens montèrent un coup de main osé, sur le camp retranché... à l'aube, une centaine de radios allemands gisaient dans le sable pour toujours et, parmi eux, leurs chefs. Des documents saisis dévoilèrent une autre source de leurs renseignements : deux espions des services allemands, aidés d'égyptiens (qui détestaient les british, dont deux de leurs chefs qui devinrent plus tard présidents de leur pays devenu libre : Nasser et El Sadate !) transmettaient leurs messages depuis une pirogue naviguant sur le Nil. C'est une jeune juive, qui le paya de sa vie, qui permit aux anglais de démanteler ce réseau d'espions allemands (au Caire), si performant et influent sur le cours des batailles dans le désert de la Libye. D'autant plus que la jeune femme, en cachant à ses deux compagnons de « plaisirs », qu'elle comprenait leur langue, saisit, en les voyant opérer, les clés du code de transmission (en fait, un livre dans lequel étaient choisis des mots en concomitance avec les états-majors de Rommel: le fameux « code Rebecca » !). Les british ne se privèrent pas alors d'inonder les allemands en faux renseignements. Les Services Secrets anglais redevenaient les « maîtres de l'intox » !

Des stratagèmes menteurs, des ruses intelligents et des attaques bien ciblées permirent aux Alliés d'affaiblir l'armée allemande et de toujours la maintenir sur sa ligne d'arrêt. Habituée à vaincre, mortifiée au cours d'embuscades et traquenards importants, elle s'effritait. Rommel comprit que ses ennemis étaient au courant de ses intentions, mais comment ? Il ne le devina jamais. Continuellement assailli, ses tentatives de révoltes devinées, manquant de ravitaillement (car, guidée par « Ultra », la Royal Navy coulait bon nombre de ses cargos ravitailleurs), Rommel rameuta ses troupes, les galvanisa pour enfin enfoncer le front d'El Alamein. Solides sur leurs positions défensives, anglais, australiens, français, polonais et indiens résistèrent admirablement ! Rommel décida alors une retraite derrière l'écran protecteur de ses « 88 » si efficaces, espérant que ses ennemis le poursuivrait. Que non ! Ceux-ci, échaudés, restèrent sur place, sachant que les allemands allaient souffrir des conditions de vie dans le désert et du manque de ravitaillement. Quelques semaines plus tard, les troupes alliées, sous les ordres à présent de leur nouveau chef Montgomery, ravitaillées en abondance et renforcées de troupes « fraîches », déclenchèrent la grande offensive (en association avec le débarquement américain en Afrique du Nord, lui-même aidé par la nouvelle armée française de libération) qui devait éliminer définitivement les nazis de ce coin d'Afrique ! Ce qui ne se fera pas sans peine, vu la légendaire combativité des « boches » qui imposèrent aux Alliés de très dures batailles. Les américains en firent une cruelle expérience (comme plus tard à Kasserine !), ils faisaient leur « apprentissage » !

Les rescapés de l'Afrika Korps se rendirent finalement (environ 200 000 allemands et italiens) avec leurs chefs qui avaient beaucoup perdu de leur arrogance. Les démocraties étaient provisoirement sauvées. Les anglais n'étaient plus seuls... enfin ! Les américains avec leurs formidables possibilités, les russes qui repoussaient les allemands (sur le front de l'est) en leur infligeant de terribles hécatombes... tous se liguaient contre, encore, les « kolossal » armées nazies...

A SUIVRE .....

Signé : « l'Ancien ».

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