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Avertissement du Président:  tous les écrits ci-après n'engagent que la seule responsabilité de leur auteur. Merci à toi, mon cher Camille, de nous faire part de ton "vécu". Cela fait partie du Devoir de Mémoire.

 c-de gaulle 23 oct

 

LA RESISTANCE FACE AU NAZISME.

 

Le premier résistant contre les Nazis est le général de Gaulle. Dès 1930, il s’inquiète de la montée, en Allemagne, du parti national-socialiste, et le dénonce : « 107 députés de cette idéologie inquiétante ont été élus au Reichstag » clame-t-il. Il écrit que nos hommes d’Etat s’endorment, laissent faire nos ennemis qui grignotent le traité de Versailles : évacuation de la Ruhr, du Rhin, l’Anschluss qui est en route…

 

Lors d’une conférence à Beyrouth, il dénonce l’apathie de nos dirigeants ; parle, avec véhémence, comme s’il était déjà en charge du destin de tout un peuple. Il dérange. On le nomme à un poste où l’on enterre les gêneurs, malgré de très flatteuses appréciations de ses chefs directs. Il se rebiffe, prend à témoin la Nation, au-dessus des politiques, des trop vieux militaires englués dans leurs illusions négatives et passéistes. Il dévoile qu’une nouvelle armée allemande s’est constituée et qui, contournant les obligations du traité de Versailles, s’entraîne actuellement en URSS.

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En poste à Paris, il s’entretient assez souvent avec des penseurs socialistes qu’il estime, des fidèles de Blum, mais aussi très patriotes et l’ayant prouvé…ça lui suffit ! Ils sont au pouvoir, il faudrait les convaincre de la nécessité d’organiser une armée permanente de professionnels, qui pourrait rapidement s’opposer à une attaque surprise : un bouclier à l’abri duquel se ferait la mobilisation des réserves ; un corps aguerri, une troupe de choc très mobile et non enterrée (comme le prévoit le grand état-major !) dans les fortins de la ligne Maginot. Toute la stratégie doit être renouvelée, il l’a en tête et il l’a bien étudiée : six divisions blindées agissant comme un fer de lance. Il est grand temps de réagir. Une grave mélancolie se répand dans l’armée ; des ressorts se brisent… tant on voudrait maudire cette guerre qui se profile. Mais, s’emporte-t-il : « les nazis vont nous l’imposer ; ils la désirent ; ils la préparent ». Il faut que l’élite militaire prenne conscience de son rôle prééminent ; "ce n’est pas dans des forts en béton que nos soldats pourront porter secours aux divisions à découvert face aux Ardennes, à la Belgique" !

 

Il a de l’audace à porter si haut sa pensée : il n’est que commandant ! Son énergie, son intelligence ne suffisent pas à ébranler le monde militaire dominé par le maréchal Pétain influent et respecté, le général Gamelin chef d’état-major et le général Weygand vice-président du Conseil supérieur de la Guerre. Des officiers qui le croisent le regardent avec hargne, indignés, effarés de son idée d’une armée de métier. On se détourne de lui, on l’isole…c’est un fou ! Des vieillards qui tiennent immodérement à leurs prérogatives sont aux commandes : tout projet de réforme est bloqué pendant que l’Allemagne s’arme, met sur pied des Panzer-divisions et réoccupe la Rhénanie par surprise, brutalité et vitesse.

 

Les mois passent. La situation s’aggrave. De Gaulle enrage devant la veulerie de nos politiciens et l’aveuglement du haut commandement militaire. Il est nommé colonel commandant le 507ème régiment de chars à Metz. En une année, il fera de cette unité un régiment remarquable. Il en est fier et reprend du courage, mais quelle trahison de l’élite et des idoles de la médiocrité : c’est la guerre !

 

On le nomme à la tête des chars de la Vème armée ; il y apprend que le 507ème, son régiment, va être divisé en trois unités : une pelote d’épingles au lieu du fer de lance efficace qu’il avait bâti… Ils n’ont rien compris. Il assiste à l’assaut de la 4ème DIC sur la frontière allemande, près de Schweix, mais la colère et la tristesse l’étreignent devant le peu d’appui que lui apportent les chars du 24ème bataillon, trop dispersés pour être efficaces, surtout qu’entre eux les liaisons radio s’avèrent très insuffisantes. Gamelin lui confie alors le commandement de la 4ème division cuirassée (en formation !) et l’élève au rang de général tandis que Pétain décide, lui, de la construction de pigeonniers près de la ligne Maginot !

La suite

 

L'Ancien  (ancien du 2ème RIC).

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