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ATTAQUE DU BOIS BAURAIN Argonne (14 Juillet 1915)

 

 

Ruffey

Le lieutenant-colonel RUEFF passe le commandement du régiment au colonel MOREL, le 18 novembre 1914.

 

Le régiment reste dans le secteur de Servon jusqu'au 8 juin.Il reste cinq jours en première ligne et cinq jours au repos.C'est le 1er R.I.C. qui le relève et qu'il va relever tous les cinq jours.Il ne se passe pas d'évènements très importants, sauf le 29 janvier 1915, où le 3e bataillon est alerté et engagé dans la partie sud-ouest du bois de la Gruerie pour coopérer avec la 40e D.I. à une contre-attaque dirigée contre les Allemands qui ont pris des tranchées.

Du 8 juin au 6 juillet, le régiment profite d'un repos bien mérité, à la Neuville-au-Bois.

Du 6 juillet au 13 juillet, le régiment se prépare à attaquer dans le secteur du bois Baurain.

Le 13 juillet au soir, les troupes d'attaque occupent leurs positions de combat, dans le but de

les reconnaître.Le mouvement terminé vers 20 heures, les troupes reprennent leurs positions de départ.Le 14 juillet, à 4 heures du matin, les bataillons d'assaut sont à leurs postes.

A l'heure prescrite (8 heures), ils s'élancent à l'assaut des positions ennemies.Le lieutenant-colonel MOREL fait sur le combat du bois Baurain, le récit suivant :

« Le 2e R.I.C. reçoit l'ordre de participer, le 14 juillet 1915, à une attaque sur les lignes

allemandes situées entre le saillant de la route Servon – Pavillon et le bois Baurain inclus.

« Le 2e R.I.C. est à l'aile gauche de la 15e D.I.C., son flanc couvert seulement par l'artillerie du15e C.A.

« La direction générale de l'attaque, le but à atteindre par la brigade coloniale, le dispositif initial résultant des travaux de terrassement effectués, sont prescrits par l'ordre particulier n°85 en date du 13 juillet 1915, du colonel commandant la 1re B.I.C. »

En outre, le lieutenant-colonel commandant le 2e R.I.C. doit « prendre ses dispositions, pour parer le cas échéant, aux opérations que l'ennemi pourrait tenter du côté extérieur (ouest) ».

Le lieutenant-colonel commandant le régiment précise la mission, l'objectif du 2e R.I.C., la zone d'action des bataillons ainsi qu'il suit :« Il s'agit (l'attaque a lieu avec deux bataillons en première ligne et un bataillon en soutien)pour les deux bataillons de tête de prendre pied le plus rapidement possible dans la première ligne allemande et, si possible, dans la deuxième ligne, de s'y installer, de s'y organiser, de s'yrelier avec l'arrière, de se garantir contre toute contre-attaque ennemie, puis, de procéder à unnouveau bond en avant, le bataillon LOZIVIT (bataillon de tête de gauche) formant barrage vers l'ouest et le nord-ouest.

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Cet officier supérieur ayant une attention toute particulière à couvrir son flanc gauche, il disposera pour former l'échelon en arrière et dans des conditions nettement déterminées, d'une compagnie et d'une section de mitrailleuses du bataillon d'occupation des tranchées (1er bataillon du 1er R.I.C.) »

 

 

En ce qui concerne le bataillon de soutien, le chef de corps réserve une compagnie pour renforcer sa gauche, car celle-ci forme pivot du mouvement et le saillant allemand à attaquer est un point important, car il est construit sur un mamelon, de faible relief il est vrai, mais commandant tout le terrain aux alentours.

La compagnie de droite est également réservée pour couvrir la droite de l'attaque, l'élément encadrant se trouvant en face d'une position sur laquelle la progression est une opération des plus délicates et difficiles.Le régiment attaque dans la direction sud-nord.

Le bataillon LOZIVIT prend comme objectif : le saillant ; le bataillon STIEGLITZ : le bois Baurain jusqu'à l'organe de flanquement inclus à l'ouest de ce bois.

Dispositif.

Les deux bataillons de tête sont accolés, chacun d'eux est sur deux lignes.Le bataillon de queue est sur une seule ligne.Chaque compagnie est en ligne déployée.

La première vague comprend les grenadiers, cisailleurs, troupes d'assaut, fractions de la garnison de la ligne ennemie à conquérir, grenadiers de nettoyage de ces tranchées.La deuxième vague constitue une ligne de renfort ; derrière elles, marchent quatre groupes de travailleurs (génie, pionniers d'infanterie).La troisième vague constitue une ligne de renfort ou de manoeuvre. Mais il y a lieu de remarquer que deux de ces compagnies sont réservées pour la protection des ailes.

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Mesures préparatoires.

L'artillerie doit exécuter dans les réseaux de fil de fer treize passages : sept devant le bataillon de gauche et six devant le bataillon de droite.Dans la nuit qui précède l'attaque, le chef de corps fait pousser un boyau vers un petit mouvement de terrain marqué par une touffe d'arbres et une haie au nord-nord-est du bois 16,mouvement de terrain sur lequel il prescrit de diriger à la suite de la première vague, deux sections de mitrailleuses pour appuyer de ce point la progression de la gauche du bataillon LOZIVIT, en prenant d'écharpe et d'enfilade les tranchées allemandes.A droite, une section de mitrailleuses est placée au milieu de la nuit dans le secteur du 173e de ligne, pour effectuer un septième passage à travers les réseaux de fils de fer, pour le bataillon de droite.L'attention des chefs de bataillon est appelée sur la forme de la ligne d'attaque, sur celle de la ligne allemande, sur la nécessité d'orienter convenablement les renforts.Heure de l'attaque     8h. 30, sans autre avis, les troupes doivent déboucher en même temps en colonnes par deux pour pouvoir cheminer à travers les coupures du réseau français.

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Exécution de l'attaque.

Les troupes de la première vague, suivies à courte distance par celles de la deuxième,débouchent à l'heure prescrite sans hésitation, dans un ordre, un calme parfaits et avec un entrain admirable.A peine ont-elles dépassé les crêtes, qu'elles sont accueillies par des tirs de barrage, puis par des feux de mitrailleuses agissant de flanc ou d'écharpe.Elles franchissent sans arrêt les défenses accessoires de la première ligne complètement bouleversée et la deuxième ligne fortement endommagée ; certaines portions plus ou moins intactes permettent aux défenseurs d'offrir en ces points une certaine résistance.Entraînées par leur élan, elles franchissent la troisième ligne ; la gauche s'y établit, le centre continue à progresser dans la direction de Binarville, atteint le fond du ravin de la Noue-Dieusson ; la droite enlève les deux premières lignes de tranchées, pénètre dans le bois Baurain.Le capitaine PETITJEAN, de la compagnie de droite, fait mettre en état de défense lespremière et deuxième lignes de tranchées allemandes.

A 8 h. 35, le chef de corps donne l'ordre aux deux compagnies du centre de la troisième ligne de s'engager dans le centre du dispositif, pour établir la liaison entre la gauche et la droite, les unités du centre ayant disparu dans le ravin.A 9 h. 5, il signale au général de brigade la nécessité et l'urgence de nourrir l'attaque.Pendant ce temps, les Allemands massés d'une part, derrière un petit bois situé à l'ouest-nordouest de la Noue-Dieusson, se portent en avant à la contre-attaque contre nos éléments de gauche qui retournent la troisième ligne allemande.Ce groupe, débordé par sa droite et par sa gauche, bousculé et ramené en arrière, est obligé d'évacuer le saillant, mais grâce à l'appui d'une partie de la compagnie disponible du bataillon d'occupation des tranchées, ces divers éléments se cramponnent au mouvement de terrain en arrière du bois 16, d'autre part par le feu des fractions de première ligne (tranchées 20-21) arrêtent les Allemands qui se sont avancés jusque sur la route de Servon, entre notre tranchée21 et le saillant.Cet incident a lieu à 9 h. 15.A droite de notre secteur, le 173e de ligne n'a pu déboucher. Il est nécessaire de couvrir la droite de la compagnie PETITJEAN qui se trouve en l'air.

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A cet effet, la compagnie TARQUINY, du bataillon de soutien, est engagée dans les traces de la compagnie PETITJEAN avec ordre d'appuyer sa droite.

Au prix de nombreuses pertes, la compagnie TARQUINY atteint la première ligne allemande et s'y jette.Vers 10 h. 15, le lieutenant-colonel commandant le 2e R.I.C. reçoit comme renfort, deux compagnies du bataillon SCHIFFER. Il prescrit à l'une de ces compagnies (la compagnie BARRAUD) de se placer dans le boyau 19-20 et dans la tranchée 20 ; à la compagnie BERDUREAU de se placer dans les boqueteaux à la clairière 18-19.Il fait remettre de l'ordre dans les unités ramenées et prescrit à toute cette ligne, sous les ordres des chefs de bataillon CHAMPEL et LOZIVIT, de progresser jusqu'à la crête militaire, c'est-à-dire à proximité de la route de Servon, de s'y enterrer et de se tenir prête à pousser une nouvelle attaque sur la première ligne allemande, de façon à établir la liaison avec les unitésqui occupent la lisière du bois Baurain, comptant que des renforts sérieux seraient placés en arrière et qu'une nouvelle attaque serait montée.On n'a plus de nouvelles des unités du centre qui se sont engagées à gauche des compagnies

PETITJEAN et CHAUVEUR.

Le mouvement en avant, auquel participe la compagnie ANGELI, compagnie de gauche du bataillon de soutien, commence à 11 h. 15 et est terminé vers midi.

A ce moment, tout le 2e R.I.C. et deux compagnies de renfort du 1er R.I.C., moins un peloton ont été engagés.Les unités ainsi placées sont soumises pendant tout le cours de la journée à un violent feu d'artillerie, de front et d'enfilade.Les Allemands ont accumulé des mitrailleuses dans les mouvements de terrain avoisinant le «Chêne » et rendent infranchissable le terrain qui sépare la lisière sud du bois Baurain de nos lignes.Après plusieurs tentatives infructueuses, une liaison peut être établie par un soldat entre le groupePETITJEAN – CHAUVEUR – TARQUINY et notre première ligne.Deux boyaux d'accès sont commencés de notre côté et poussés au devant de deux boyaux d'accès commencés par les troupes qui occupent la lisière sud du bois Baurain.Ce travail qui doit être fait en sape, est gêné par les Allemands qui accumulent dans cette région, des feux d'artillerie, de minenwerfer et de mitrailleuses.Vers 17 h. 30, le bataillon SOUBIRAN est engagé à droite dans la direction du saillant du «Chêne ». Il est repoussé avec de lourdes pertes.A la nuit, le commandant STIEGLITZ peut se rendre en rampant jusqu'à la tranchée occupée par la compagnie PETITJEAN pour examiner la situation.Il peut même faire procéder à un ravitaillement partiel en pétards, cartouches et eau, mais les Allemands, à la faveur de la nuit, font tous leurs efforts pour chasser ce groupement de leurs positions, attaquant de front et sur le flanc gauche (ouest).Ils parviennent à séparer la compagnie TARQUINY de la compagnie PETITJEAN.Leurs progrès deviennent tellement sérieux que le chef de corps, sur demande du capitaine PETITJEAN, fait déclencher un tir d'artillerie sur les tranchées occupées par nos éléments du bois Baurain.Vers 0 h. 30 arrive en renfort une compagnie du 155e de ligne.Après en avoir conféré avec le commandant STIEGLITZ, le chef de corps décide qu'une section fera barrage à droite dans le boyau d'extrême droite, transformé en tranchée et que les deux autres sections en échelons, la droite en avant, portées en avant de la tranchée,

empêcheront le capitaine PETITJEAN d'être tourné par l'ouest. Mais ce mouvement ne peut avoir lieu, car la compagnie nouvellement arrivée n'a pas d'outils,elle ne connaît pas le terrain et la nuit est très noire.Enfin, vers 3 heures du matin, les Allemands se lancent en masse sur le groupe PETITJEAN qui, avec une soixantaine d'hommes, parvient à se faire jour jusqu'à nos lignes.Quant à la compagnie TARQUINY, l'ennemi a pu occuper le boyau que celui-ci poussait au devant du notre et désormais cette fraction, réduite à une trentaine d'hommes, est complètement cernée.Vers 7 heures du matin, toute résistance du groupe TARQUINY semble avoir complètement cessé.Dans ces combats du bois BAURAIN, le régiment a eu 28 officiers et 1.322 hommes tués,blessés ou disparus.Le régiment a fait une trentaine de prisonniers appartenant à cinq régiments différents.Le 15 juillet, les débris du régiment tiennent toujours le secteur Y, renforcés par deux compagnies du 155e de ligne à droite et deux compagnies du même régiment à gauche.Le régiment est relevé le 16 et va au repos à la Neuville-au-Pont, où il reste jusqu'au 26 juilletpour se réorganiser.Le bataillon STIEGLITZ se rend dans le secteur 188 le 27 juillet, relever un bataillon du 5e R.I.C. dans le centre de résistance A.

source :Mairie de Guilligomarc'h

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