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Au XVIII siècle, la royauté fondait un empire colonial aux Indes et aux Amériques. A Brest, escadres, corps expéditionnaires, renforts, relèves, se formaient, s' entrainaient,appareillaient et y revenaient. Si les Brestois faisaient des affaires, ils supportaient de moins en moins les contraintes qui les obligeaient à héberger les soldats munis des fameux « billets de logement ».

La décision fut prise de construire une caserne. Elle commenca à sortir de terre en 1730, d'après les plans de Mr Dumavin, directeur des fortifications en Bretagne. La première aile fut construite de 1730 à 1732.

La deuxième ne devait être achevée qu'en 1767 gràce à l'aide des Etats de Bretagne qui participèrent au financement pour une somme de près de 300 000 livres. On se rendit compte quelques années plus tard de son exiguïté et, surtout, de la mauvaise distribution des corridors, des escaliers et des salles. C'est l'ingénieur Trouille qui fut, en 1810, chargé de remédier aux défauts des installations intérieures. En 1819, le même ingénieur édifia le pavillon central ct le péristyle dont les collonnes ornaient la façade. Il aménagea au sommet l'observatoire de la Marine.

Les vieux hrestois se souviennent de ce long et majestueux hâtiment et de la grande cour qui longeait la rue de la Mairie, dont elle était séparée par un grand mur de pierres. Ce fut le commandant de la Marine, Comte d'Hector dit « Tire-Poil» qui entreprenait la construction de ce grand mur en 1786. Dépourvus de fonds, il s'était procuré, sans bourse délier, le sable à l'Harteloire (quartier jouxtant la caserne), les pierres et les maçons à l'Arsenal. Ce mur solide, qui a duré plus d'un siècle et demi et ne s'est écroulé que sous l'effet des bombardements de 1944, a valu à son constructeur un blâme du Ministre. (pour la petite histoire, la propriétaire du sable, la veuve Picaud, ayant porté plainte, reçut 2 400 livres d'indemnité pour les 84 toises de sable soustrait).La caserne fut nommée en 1785: Caserne FAUTRAS en reconnaissance du service rendu à la ville par André Bandeuil, Chevalier de Fautras. Monsieur Fautras, né à Paris en 1728 était passé du service de Terre où il était capitaine d'artillerie à celui de l'Armée de mer en 1762. Il  y entra comme lieutenant de vaisseau. il se distingua au combat d'Ouessant en 1778 sur le vaisseau « La Bretagne» qu'il commandait et obtint une pension du Roi. Chef d'Escadre: en 1784, il ne fut plus surpris dans l'organisation de la Marine de 1791.Au mois de décembre 1784, les Etats de Bretagne venaient de voter l'érection d'une statue de Louis XVI et trois villes, Rennes, Nantes et Brest, se disputaient l'honneur de la posséder. Le Chevalier de Fautras avait été envoyé à Paris pour assurer le succès des voeux de la marine et de la ville de Brest et, cédant à ses sollicitations, le Roi s'était prononcé pour Brest le 18 mai 1785.La rue des Casernes devint la même année, la rue Fautras, et le nom du chevalier fut également attribué à la Caserne où devait s'établir en 1854 et pendant tant d'années notre glorieux 2ème de Marine

 

 

 

24 août 1944 : trois divisions américaines avec l'appui de l'aviation montaient à l'assaut de la villc de Brcst, déjà à moitié détruitc ct où 50 000 allemands étaicnt retranchés. Un nouveau déluge de feu, de ter, s'abattait sur la cité. Après trois semaines de combat, ce fut la ville en ruines et un port inutilisable que les alliés conquièrent.

De la caserne Fautras, il ne restait rien sinon quelques pans de murs et le péristyle miraculeusement intact

16 septembre 1951-le drapeau du 2éme RlC dans les ruines de la porte d'honneur de la caserne Fautras

 

En 1954, il dominait toujours ce que fut l'emplacement de la place d'Armes occupée maintenant par les baraques d'un lycée. En 1956, les associations patriotiques, soucieuses de perpétuer le souvenir du Brest d'autrefois, voulaient voir déplacer le péristyle à l'endroit réservé pour le nouveau monument aux Morts de la ville, plutôt que de voir ériger une sorte d'obélisque de 23 mètres prévue par la municipalité. Une motion dans ce sens était présentée au sénateur maire par 21 associations d'Anciens Combattants, résistants et victimes de guerre

 

 

Le projet qui conciliait la fidélité au souvenir de Brest détruit et l'impact financier négligeable pour la commune (deux millions de francs au lieu des 22 millions pour le projet de la Mairie) fut néanmoins rejeté. Devant ce refus, ce n'était pas sans une certaine appréhension que les Anciens Coloniaux, pour qui cette porte constituait presque une relique,une relique de pierre qui symbolisait un magnifique état d'esprit, une radition de bravoure,envisageaient la disparition pure et simple de ces pieux vestiges.

En 1958, en réponse à une lettre du Président de l'Amicale des Coloniaux, le chef de bataillon Menut, le Génie prenait la décision d'abandonner la propriété du péristyle au profitdes associations patriotiques brestoises à charge pour elles de le faire démonter et réimplanter dans un endroit quelconque à désigner par la Municipalité.

Sur le coup, complètement effaré devant le coût d'un tel « cadeau» (qui se chiffre à quelques 10 millions de francs que ne possédaient évidemment pas les Anciens), l'Amicale qui se refusait à laisser mourir le péristyle, décidait de continuer la bataille.Début 1961, une décision devait être prise. Sur l'ancien emplacement de la caserne Fautras, des bâtiments vont se dresser. Sous l'impulsion du Colonel de Rancourt, un comité d'action était fondé, une souscription était lancée pour trouver des fonds. Plus de 300 sociétés,banques, magasins brestois, Amicales de Coloniaux, régimentrd'Infanterie de Marine (dont le 2), particuliers, civils et militaires répondirent.

Le Maire de Brest faisait savoir que le maximum serait fait pour le maintien à Brest de ce monument. Enfin, après 7 ans de bataille,les Anciens Coloniaux de Brest pouvaient dire avec grande satisfaction et émotion « devoir accompli» en recevant l'invitation du Maire et du comité de sauvegarde du péristyle, leur demandant d'honorer de leur présence l'inauguration du péristyle de la caserne Fautras (en réalité, seule sa partie centrale fut reconstruite) qui aura lieu Boulevard Jean Moulin le samedi 21 décembre 1963 à 10 h 30.

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