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Chef de section à la 7ème cie du 2ème bataillon du 2ème Régiment d'infanterie Coloniale

Extrait du J.M.O. du 2ème R.I.C.  Merci pour ces documents à  Frédéric Gondron du

du site l' Oise 39 45

 

Paul_FETIS

Sous-Lieutenant Fétis


3 juin 1940
Un groupe de combat du 89ème R.I. exécute une patrouille sur la Boutillerie fortement tenue par l’ennemi.
Le 89ème R.I. doit occuper Cagny et Longueau dans la nuit. Le I/2ème R.I.C. tiendra la Somme depuis le cimetière GLISY (5ème CIE) en liaison avec le 89ème R.I. jusqu’à BLANGY inclus (1ère compagnie). P.C. du bataillon : Bois Sud de la route Amiens – Villers Bretonneux. Le 3ème bataillon maintiendra un élément (10ème Compagnie) à Boves, et portera une compagnie (11ème Cie) à l’est au bois de GENTELLE. La 9ème Cie occupe Fouencamp (2 sections) et la Ferme du Paraclet (1 section) et Cottenchy (1 section). P.C. du bataillon au Nord de Fouencamp, puis à Fouencamp.


Les relèves prévues sont effectuées dans les nuits du 1er au 2 juin et du 2 au 3 juin. Le groupement du Lieutenant-Colonel FAGE quitte Fouencamp ; il est remplacé par le groupement du Commandant GALBERT (305ème R.A.). 4 juin 1940 L’ennemi attaque en force sur le S/Secteur du 89ème R.I., dont le P.C. au Chalet reste en liaison avec le P.C. du 2ème R.I.C. toute la journée (liaison téléphonique du radio). L’artillerie du sous-secteur du 2ème R.I.C. effectue de nombreux tirs au profit du 89ème R.I. Importante circulation ennemie sur la route Amiens-Albert. L’attaque ennemie progresse, mais éprouve de sérieuses résistances à Saint Fuscien et à Sains. La liaison est rompue avec le 89ème R.I. Le lieutenant LEMORDANT effectue, avec son G.F., une patrouille pour reprendre la liaison avec le 89ème R.I. 5 juin 1940 La liaison est rétablie par fil avec le 89ème R.I. La Division prescrit de relever le 24ème R.T.S. à la ferme 2 km N.E. de Blangy. Le S/Lieutenant VASSEUR, de la 1ère Cie s’y porte avec sa section. Ils sont attaqués le soir ; le S/Lieutenant VASSEUR est blessé ainsi que 2 hommes de sa section, et se replient sur le carrefour 1 km Est de Blangy où doit se faire la liaison avec le 24ème R.T.S.
L’attaque à l’Ouest continue. Le 2ème R.I.C. reçoit l’ordre de recueillir et de ravitailler les éléments restant du 89ème R.I. Des chars ennemis se présentent devant Cottenchy. Le Colonel Commandant le 89ème R.I. se porte au PARACLET et, avec ses éléments régimentaires et la 9ème Cie du 2ème R.I.C., assure la défense de la Noye au Paraclet-Cottenchy : face à l’Ouest et au Nord.Le Commandant du 3ème Bataillon se porte à Boves, dont il assure la défense face à l’Ouest et au Nord ; il prend sous ses ordres le Bataillon du 89ème R.I., qui tient Longueau. Situation du 1er Bataillon : inchangée.
Des infiltrations ennemies sont signalées au cimetière de Glisy.
6 juin 1940
Patrouille ennemie sur Boves. Visite des Généraux cdt. La D.I. et l’I.D.La ferme N.O. de Blangy est occupée par un élément de la 1ère Cie, qui signale des infiltrations ennemies dans l’après-midi.
Dans la nuit du 6 au 7 juin, le Régiment reçoit l’ordre de se replier au sud de la route Ailly-Moreuil.
Le II/2ème R.I.C. doit assurer la protection en occupant la Noye du pont-nord de Fouencamp jusqu’à Remiencourt, faisant sauter les ponts une fois le mouvement terminé.
7 juin 1940
Les mouvements des 1er, 3ème bataillons éléments régimentaires, éléments du 89ème R.I. s’effectuent sans incidents.
Le 1er bataillon se rassemble au bois d’Ailly, en liaison à gauche avec le 78ème R.I. à Ailly. A droite, occupation de la Briqueterie en liaison avec le 3ème bataillon. Le 3ème bataillon occupe Merville au Bois (9ème et 10ème Cies, P.C. du Btn). La 2ème Cie est à Louvrechy. Les éléments de la 5ème Cie de Fouencamp sont accrochés, vers 8 heures, sur le plateau Sud-Est de Louvrechy. Le Lieutenant ROBERT, blessé, est évacué par le 24ème R.T.S.
A la fin de la matinée, le 2ème Bataillon est entièrement aux prises avec l’ennemi. Vers 14 heures, le Chef du Btn, BLOIN, Cdt le Bataillon rend compte par T.S.F. que le cercle se resserre autour de Remiencourt. Le S/Lieutenant FETIS, de la 7ème Cie, est tué.Une partie des éléments de la 5ème Cie atteint ROUVREL, occupé par le G.R.D. Une section est faite prisonnière au bois de Manhoutlin.Vers 18 heures, le G.R.D. abandonne ROUVREL, enlevant ainsi toute possibilité aux éléments de Remiencourt de se replier. Deux sections de la 5ème Cie et I S.M. rejoignent Louvrechy, où se trouve le P.C. du Régiment. Le Lieutenant LEBAUDY, de la C.R.E. est blessé par un éclat d’obus à Merville au Bois. Ordre est donné d’occuper le cours de la Noye, de Ailly jusqu’à La Falloise, face à l’Ouest, en liaison avec le 78ème R.I. Le 24ème R.T.S. occupe Merville au Bois. Le 2ème R.I.C. occupe Louvrechy et la briqueterie d’Ailly. P.C. du régiment à Chirmont. En conséquence, le 1er Bataillon porte une compagnie au Nord de Bigny (1ère Cie). La 2ème Cie et le P.C. du Bataillon à la Carrière de Corcelle, la 3ème Cie à La Falloise. Le 3ème Bataillon occupe Louvrechy et porte une Cie (10ème Cie) à la Briqueterie d’Ailly. P.C. du Bataillon à Louvrechy. 2 sections de la 2ème Cie à Chirmont.Le Capitaine ABALLAIN arrive au Régiment, il prend le commandement des éléments du 2ème Bataillon qui ont rejoint Chirmont, encadrés par les Lieutenants VANDENSCHRICK, de la 5ème Cie, et DUBOIS, de la C.A. 2.
8 juin 1940
Au jour, les différents emplacements prévus sont réalisés. La liaison est établie avec le Commandant du 78ème R.I.
A 11 heures, la D.I. prescrit de faire occuper Paillard, pour éviter un débordement par le sud. Deux sections de la 2ème Cie et 1 section de mitrailleuses de la C.A. 1 sont envoyées sur ce point qui est occupé par l’ennemi avant leur arrivée. A 14 heures, le Commandant de la C.H.R. rend compte que l’E.M. du 10ème C.A. signale la présence de l’ennemi à Breteuil et sa progression vers le Sud-Est.A 16 heures, le Lt-Colonel ROUSSEAU va en liaison à la D.I.
A 17 heures, le 78ème R.I. quitte la Noye et se replie dans le bois de la Faye. Parti de la Division vers 20 heures, le Lt-Colonel ROUSSEAU trouve le chemin barré par l’ennemi à l’entrée sud d’Esclainvillers. Il parvient à rejoindre Chirmont vers 22 heures, avec l’ordre de replier le Régiment sur Quinquempoix (1er bataillon) et Brunvillers (2ème bataillon) et P.C. du Régiment. Le mouvement commence aussitôt. L’ennemi a évacué Esclainvillers, mais occupe les environs. Le mouvement s’effectue sans difficulté jusqu’au sud de Coulemelle. Seule, la 2ème Cie, qui voulant
éviter Esclainvillers, l’a contourné, s’est heurtée à des forces ennemies et a disparu.

9 juin 1940
Presque aussitôt après quitté Coulemelle, la seule route disponible est barrée par des convois d’artillerie lourde. Au petit jour, quelques voitures et motos réussissent à se frayer un passage et peuvent arriver au bois de la Merlière, où se trouvent le 16ème R.T.S. et des pionniers. Une partie des éléments de la C.D.T. et de la C.R.E. atteint Brunvillers et va occuper les lisières sud, où elle ne tarde pas à être en contact avec l’ennemi. Le chef de bataillon REZEAU, chef de l’E.M. du Régiment, assume le commandement du P.C. de Brunvillers. Le P.C. du Régiment est à la sortie sud de Sains. L’artillerie ennemie se montre très active sur la croupe du cimetière et les lisières sud de Sains. L’officier adjoint au Général Commandant l’I.D.C. 4 apporte au Chef de Bataillon REZEAU l’ordre pour le 2ème R.I.C. et le 24ème R.T.S. de rejoindre Le Plessier St Just, par l’itinéraire qu’indiquera cet officier. Les reconnaissances des éclaireurs motos indiquent que Crèvecoeur, Maignelay, Ravenel sont libres. Le Colonel commandant le 16ème R.T.S. décide de profiter de l’occupation de Brunvillers par le 2ème R.I.C. pour faire écouler tout ce qui est possible par la route de Maignelay. Le mouvement commence aussitôt. Vers 11 heures, un char ennemi a atteint Morainvillers. L’artillerie ennemie tire sur la route de Maignelay, à la sortie de Sains.
Vers 14 heures, il ne semble plus rester à Sains que les éléments régimentaires du 2ème R.I.C. L’ordre leur est donné de se porte par Maignelay – Ravenel sur Le Plessier. Ordre est également donné aux éléments de Brunvillers de se porter sur Le Plessier en utilisant le terrain.
Le mouvement des éléments régimentaires s’effectue jusqu’à Ravenel où ils sont englobés dans la colonne du 24ème R.T.S. qui rejoint Angivillers. Le débouché du Plessier est interdit par l’ennemi. A l’arrivée à Angivillers, vers 15 heures, le 24ème R.T.S. trouve le débouché de ce village également interdit vers le sud, l’est et l’ouest. Aucune nouvelle du 1er bataillon. Vers 19 heures, Angivillers commence à être bombardé et mitraillé. Il y a dans le village une grosse partie du 24ème R.T.S. des éléments du 16ème R.T.S. et de nombreux autres Régiments. D’accord avec le Colonel Cdt. le 24ème R.T.S., le Colonel Cdt. le 2ème R.I.C. décide de chercher au profit de la nuit, à traverser, avec les éléments à pied dont il dispose, le cercle d’investissement en débouchant à l’Est d’Angivillers. Un autre élément opérera de même à l’Ouest et le gros du 24ème R.T.S. agira ensuite d’après ce que révèleront les mouvements précédents. Le départ des éléments du 2ème R.I.C. s’effectue à 23 heures (une centaine d’hommes environ), dont quelques isolés d’autres unités). Le lieutenant HARDOIN de la C.A. 3 est tué par éclat d’obus vers 19 h. Le médecin-chef du 2ème R.I.C. a de nombreux blessés à soigner. Les voitures demeurent à Angivillers. Le mouvement en direction du sud s’effectue sans grande difficulté au travers des postes allemands. L’ennemi manifeste une grande activité de fusées sur environ 10 km de profondeur.

10 juin 1940
Vers 3 heures, la colonne arrive à Mainbeville qui paraît inoccupé. En fait, l’ennemi occupe la partie Est et se dirige vers le S.E. Le jour qui se lève et le terrain découvert ne permettent plus de continuer le mouvement. La colonne s’installe dans des boqueteaux au Nord de Mainbeville. Vers 5 ou 6 heures, commençant à défiler sur la route vicinale passant à une dizaine de mètres de l’entrée du bois, de nombreuses troupes allemandes avec moyens autos, hippos, bicyclistes, fantassins etc…Ces troupes n’ont pas l’air de se couvrir comme des éléments de premier échelon. Ce défilé de troupe dure jusqu’au soir. Vers 19 heures, un soldat allemand d’une unité arrêtée sur le bas côté du chemin, pénètre dans le bois et tombe sur un de nos hommes. La colonne est faite prisonnière. A la fusillade répondent des coups de fusils partant des maisons du village où avaient dû se cacher quelques hommes au cous de la nuit. Le Bataillon allemand qui paraît s’apprêter à cantonner dans le village, manifeste de la surprise de rencontrer un détachement français. Le 3ème bataillon, qui avait pu se décrocher vers 22 heures de Brunvillers tombe dans une forte troupe ennemie au passage de la voie ferrée MAIGNELAY-SAINT-JUST. Le 1er bataillon qui s’était rassemblé dans le bois de la Morlière et n’avait pu en déboucher pour atteindre Quincampoix se trouve le soir du 9 juin encerclé dans le bois. Un certain nombre d’éléments aux ordres des Capitaines DARCY, Le GUEVEL, FEYLER, essaient de passer au travers. Les Capitaines DARCY et Le GUEVEL sont capturés. Le Capitaine FEYLER parvient à s’échapper, ainsi que le G.C. de la 10ème Cie

Paul FETIS est né le 28 mars 1917 à St-Leu, avant guerre il était instituteur. Grâce à son niveau d'étude et après avoir suivi une formation à Saint Maixent durant son service militaire, il est nommé Sous-Lieutenant à la déclaration de guerre. Chef de section à la 7ème compagnie du 2ème bataillon au 2ème Régiment d'infanterie Coloniale, il trouvera la mort à Remiencourt (Somme) le 7 juin 1940. Il recevra à titre posthume la Croix de guerre 39/40 avec une citation à l'ordre de l'Armée. Sa femme Jeanne, qui l'avait épousé à Noël 1939, ne connaîtra le sort de Paul qu'à l'automne 1940. Paul FETIS fut inhumé à Remiencourt sur le lieu où il fut tué mais il repose désormais au cimetière de St-Leu.




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