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Une thèse mensongère

Cette thèse est la suivante : de méchants militaires au service d'hommes politiques encore plus méchants, uniquement soucieux de leur élection prochaine, auraient inutilement massacré de « gentils » ravisseurs kanaks, alors qu'en écoutant le bon capitaine Legorjus, ils auraient pu obtenir la libération des otages par la négociation, sans une seule victime.

 

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une vidéo de l'Ina : ici

Général Vidal : "Kassovitz a fait une fiction militante"

Interview du général Vidal par Frédéric Pons - valeursactuelles

Chef des forces françaises en Nouvelle-Calédonie en 1988, le général Jacques Vidal commanda l'opération "Victor" qui réussit à libérer les otages. Il eut sous ses ordres le capitaine Philippe Legorjus, commandant du GIGN, dont la thèse – contestée au sein même de la gendarmerie – a inspiré le film de Mathieu Kassovitz. Auteur en 2010 de Grotte d'Ouvéa, la libération des otages (Éditions Volum), le général Vidal s'insurge contre la vision partiale de Legorjus et Kassovitz.

 


 

Que reprochez-vous à ce film ? Je m'élève contre cette thèse qui voudrait faire croire que des militaires sanguinaires auraient inutilement massacré de "braves" Canaques, pour le bon plaisir d'hommes politiques inhumains, d'abord soucieux de leur élection prochaine, qui voudrait nous persuader que, si les militaires et les civils avaient écouté le super gendarme Legorjus, la libération des otages aurait été obtenue en douceur, sans la moindre victime. Tout cela est faux et inadmissible. Je rappelle que les "braves" Canaques ont commencé par massacrer quatre gendarmes, dont deux sans arme, et blesser gravement un cinquième. Ils ont emmené les vingt-sept autres en otages. Certains d'entre eux ont été quotidiennement menacés de mort.

Les ravisseurs ont-ils voulu négocier ? Pendant quatorze jours et jusqu'à la fin de l'assaut, leur chef, Alphonse Dianou, a refusé toute négociation, y compris l'offre de médiation de Mgr Calvet, archevêque de Nouméa. Le FLNKS lui-même n'a pas voulu intervenir.

 

 

 

 

Mais le film évoque un accord entre Legorjus et Dianou... C'est faux. Legorjus n'est jamais parvenu à un accord négocié, contrairement à ce que montre le film. Il a seulement négocié sa propre sortie de la grotte pour rencontrer l'indépendantiste Franck Wahuzue, hélas, sans résultat. Ensuite, il n'a plus eu de contact avec les ravisseurs, sauf brièvement par radio pour leur proposer la venue d'une équipe de télévision. Il n'a donc pu négocier aucun accord.

Qui a ordonné l'assaut ? François Mitterrand, parce qu'il avait la conviction que les négociations avaient échoué et que la survie des otages était directement menacée. En outre, les deux revolvers passés aux otages, à l'initiative de Legorjus, rendaient l'opération urgente et inéluctable. Leur découverte par les ravisseurs aurait entraîné un massacre. Selon le général de gendarmerie Jérôme, le capitaine Legorjus lui-même souhaitait alors une « exploitation rapide » de la situation.

La rivalité entre Mitterrand et Chirac pour la présidentielle de mai 1988 n'a-t-elle pas conduit à cette montée aux extrêmes ? Je suis persuadé que les preneurs d'otages ont choisi cette date particulière de l'élection présidentielle, qui leur assurait une meilleure audience pour mener leur action. Ils pouvaient espérer faire plier plus facilement le gouvernement en cette période de cohabitation difficile. De notre côté, ces circonstances n'ont rien changé. Notre seul souci était de sauver les otages. Le président de la République et le premier ministre m'ont conjointement donné l'ordre de lancer l'assaut.

 

 

 

 

Qu'en est-il des exécutions sommaires après l'assaut ? L'enquête de commandement diligentée par Jean- Pierre Chevènement, alors ministre de la Défense, a conclu à une seule bavure, admise par tous : des sévices sur Alphonse Dianou, blessé, qui auraient pu entraîner sa mort. L'officier de gendarmerie responsable a été sanctionné. Je rappelle aussi ce qu'avait déclaré Legorjus à l'AFP, le 12 mai 1988 : « Affirmer aujourd'hui que des ravisseurs ont été exécutés est un mensonge pur et simple et constitue une injure pour les morts canaques, tous tombés les armes à la main. » Kassovitz a réalisé une fiction militante. Ces événements dramatiques étaient pourtant suffisamment douloureux pour tous sans qu'il soit besoin de les travestir pour rouvrir les plaies et servir des intérêts personnels.

 

Que voulez-vous dire ? Je pense à Legorjus, soucieux de rétablir son image, sérieusement ternie auprès de ceux qui l'avaient vu sur le terrain. Il a dû quitter le GIGN peu après, ayant perdu sa crédibilité auprès de ses hommes.

 

D'autres lien d'acteurs ui confirme la version du général  ici  et ici

et d 'autres témoinagne sur le site de l'asaf ici

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