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« Ben, tu dors pas, Gégène ? l'interroge le caporal Gosset, de faction par cette nuit sans lune.

Impossible, mon caporal. Y a le gros Ch ti qui pète comme une batterie de 75.L'odeur est intenable. Bouffer du chat,d'accord, ça a le goût du lapin. Le problème, c'est le chou ... »

Criqui aime bien les conversations avec le caporal Gosset, instituteur dans le civil.Auprès de ce grand échalas aux lunettes rondes cerclées de fer, il a le sentiment de s'élever. Lui, le poulbot des faubourgs parisiens.Ils sont assis au pied d'un créneau,souliers et redingotes crottés par la boue.Une brume pâle et humide flotte sur la tranchée de Calonne, un boyau qui serpente au pied de la crête des Eparges, dans les Hauts de Meuse.

 

 

Un sifflement imperceptible a précédé l'impact. Sous la violence du coup, le crâne d'Eugène Criqui a vrillé. Une douleur intense a électrisé son rachis, des cervicales jusqu'aux lombes. Le soldat Criqui est tombé à la renverse, le cul dans la gadoue. D'abord, il ne réalise pas, l'esprit accaparé par ce bourdonnement qui lui enveloppe les tympans. Sonné. Il entrouvre les yeux avec peine. Découvre le regard exorbité d'un camarade accouru à son secours. Son air terrifié fait frissonner Criqui.

 

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