LE DETACHEMENT D’INTERVENTION OPERATIONNELLE.

Suite et fin.

« Appui à l’engagement et action au contact ».

Le DIO est articulé en 4 « commandos » de 8 membres, sous-officiers et caporaux-chefs, solidement expérimentés qui possèdent un éventail très large de compétences militaires ; combat, appuis, armement, transmissions, renseignement, secourisme, techniques commandos, OMB (orienteur marqueur baliseur), élinguages, plageages, appui feu naval…

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Le « commando » commandement est chargé de la conception, du suivi et des liaisons vers la brigade en armant un DL (le chef du DIO : un officier supérieur ou un capitaine ancien) présent au CO (centre opérationnel) de la brigade, qui est chargé de conseiller le commandement dans l’emploi du détachement. Les 3 « autres » commandos ont la capacité de se décentraliser en 9 équipes de capteurs, de 2 ou 3 membres, qui, motorisées ou à pied, peuvent couvrir un espace de manœuvre de 3 à 5 km de profondeur sur un front de 10 à 20 km ou, inversement tisser un maillage dans une profondeur de 30 à 50 km pour un front de 10 km.


L’outil privilégié du commandant de la brigade.

Dans les équipes, la richesse des cadres et leur niveau de qualification dans des spécialités différentes permettent d’apporter des avis sur le renseignement recueilli et de préparer l’engagement des unités sur leur zone d’implantation (section antichar, artillerie, compagnie de combat…) en constituant des dossiers d’objectifs et des plans de feux préparatoires

Avec cette capacité de décentralisation et de quadrillage dans la zone de manœuvre en complément des autres capteurs, le DIO est, avec l’Escadron d’Eclairage et d’Investigation (EEI) ou la Section de Reconnaissance Régimentaire, l’outil privilégié des commandants de brigade ou de groupement.

Pour que l’engagement du DIO soit pertinent et rentre dans le schéma global de l’acquisition du renseignement, son niveau d’emploi est la brigade ou le groupement (et non celui du régiment). Ce niveau est le seul à connaître les zones observées ou qui seront observées par ses propres moyens. Il apparaît le plus approprié pour juger de l’opportunité de l’emploi dans le cadre de la manœuvre et en fonction de la situation. Les DIO n’ont pas vocation à se substituer aux unités, aux détachements ou éléments spécialisés, ou du COS (commandement des opérations spéciales).

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Des actions complémentaires.

En prenant l’exemple d’une opération amphibie, le DIO associé aux « forces avancées », mis en place à pied ou en véhicule ou par HM (avec éventuellement élinguage), peut se voir confier tout ou partie des opérations préalables et préliminaires et en particulier au-delà de la tête de plage où les unités spécialisées n’ont pas les moyens de couvrir l’espace de manœuvre dans l’acquisition du renseignement.

Ces actions viennent en totale complémentarité de l’action globale, mais surtout apportent des renseignements en temps réel dans la profondeur qui peuvent lui permettre d’orienter la manœuvre générale après le débouché des unités débarquées.

Il en est de même dans une opération terrestre où le souci du commandement est bien sûr d’avoir du renseignement de contact dans sa zone d’intérêt immédiat, mais surtout des renseignements dans la profondeur qui vont lui permettre d’orienter et de préparer, dans des délais acceptables, sa manœuvre ainsi que de suivre l’évolution de la manœuvre ennemie dans l’espace et dans le temps. Le DIO, sur un mode d’infiltration motorisée ou à pied dans les intervalles du dispositif, par ses structures, ses méthodes d’emploi et ses équipements est l’outil souple, polyvalent et réactif qui peut répondre à ce besoin.

Bien que ses équipements « mobilité » et « transmissions » spécifiques, sans parler des équipements d’infanterie communs permettent de remplir ses missions, le DIO a un besoin urgent de s’équiper de moyens de transmissions de données et autres matériels numériques afin d’optimiser sa production et d’émettre d’emblée des documents élaborés.

Par ailleurs, dans le cadre des Accords de Défense ou des opérations d’évacuation de ressortissants en Afrique, ou encore de maintien de la paix (dans un cadre ONU ou OTAN), le DIO permet la mise sur pied, sur court préavis, soit d’équipes de « conseillers militaires techniques » au profit de la formation des forces armées locales, soit d’Eléments Légers d’Intervention (ELI) à vocation de renseignement, de protection et d’escorte dans la zone de responsabilité du groupement engagé.

Dans le contexte actuel de l’engagement des unités en opérations comme dans le cadre d’opérations de coercition, et en particulier lors des opérations amphibies, le besoin permanent de renseignement dans la profondeur exploitable dans des délais très courts, rend la présence de détachements spécifiques, polyvalents, réactifs, mobiles et légers (du type DIO) indispensable pour compléter un dispositif d’acquisition et permettre au commandement d’assurer, dans le temps et dans l’espace, la surveillance de sa zone de manœuvre afin d’anticiper sur la manœuvre ennemie.

Capitaine (er) Jean Claude GRAFFIN

Ex-officier adjoint puis commandant le DIO du 2ème RIMa.

FANTASSINS N° 11 FORMAT PDF : ici

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