La guerre et surtout ceux qui la font sont au coeur d'un festival de Cannes décidément ancré dans la réalité avec le documentaire danois "Armadillo", sur l'Afghanistan, "Route Irish", le nouveau film de Ken Loach sur l'Irak, ou le grand classique "La 317e section" de Pierre Schoendoerffer, dont la version restaurée a été présentée sur la Croisette.

 

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Dans le documentaire "Armadillo", du nom d'un camp allié situé sur la ligne de front au sud de l'Afghanistan, le Danois Janus Metz surprend. De jeunes engagés filmés au plus près, une photographie soignée, des effets de style et musicaux : on croit d'abord avoir affaire à une fiction.

 

Mais c'est bien de la réalité qu'il s'agit, celle de Rasmus, Mads ou Daniel, débarqués de leur Danemark natal dans un paysage d'un autre temps pour vivre pendant quelques mois "une aventure excitante" et faire l'expérience de l'amitié virile.

 

Leur mission est d'assurer la sécurité des populations civiles en empêchant la progression des talibans. Mais au fur et à mesure que leurs sorties se font plus dangereuses, que les blessés et les morts s'accumulent et que le fossé se creuse avec des villageois pris en tenailles entre les deux camps, le cynisme les gagne.

 

"Pays de merde", "salauds", lâche l'un d'entre eux. "L'ennemi est un salaud, on va le tuer comme un chien errant", bougonne un autre. Et effectivement, ils n'hésitent pas, toujours sous l'oeil d'une caméra qui se fait étonnamment oublier, à vider leur chargeur sur des blessés, les transformant en charpie.

 

De sentinelles en briefings, de missions au cours desquelles les balles leur sifflent aux oreilles en tentatives de fraternisation avec des Afghans démunis et épuisés, les uniques moments de détente de ces jeunes gens semblent résider dans les films pornos qu'ils regardent en groupe.

 

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Sélectionné de dernière minute en compétition officielle et présenté jeudi, le dernier Ken Loach, "Route Irish", explore un autre champ de bataille, tout aussi contemporain.

 

Dans un Irak ravagé par la violence et la mort, "Route Irish" -du nom de la route qui mène de l'aéroport de Bagdad à la zone internationale de la capitale irakienne- s'attache aux pas de deux anciens soldats, amoureux de la même femme.

 

Le réalisateur britannique, habitué des chroniques sociales et de Cannes, avait remporté en 2006 la Palme d'Or avec "Le vent se lève", film consacré à un autre conflit: celui d'Irlande.

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Cette palette guerrière est complétée par le classique du cinéma français "La 317e section", de Pierre Schoendoerffer, restauré et projeté dans le cadre de la programmation "Cannes classics".

 

Tourné en 1964 au Cambodge, "La 317e section", basée sur des faits réels, raconte la déroute d'un groupe de soldats pendant la guerre d'Indochine.

 

 

En 1954, la 317e section locale supplétive, commandée par le jeune sous-lieutenant Torrens (Jacques Perrin) secondé par l'adjudant Willsdorff (Bruno Cremer), un ancien de la Wehrmacht, doit abandonner le petit poste de Luong Ba à la frontière du Laos, et rallier Lao Tsaï à 150 kilomètres plus au sud, à travers une forêt hostile. Une fuite ponctuée d'embuscades et au cours de laquelle rien n'est épargné aux combattants: les intempéries, la boue, la dysenterie et la mort.

 

Tourné dans des conditions particulièrement difficiles, ce film, aux images magnifiques, constitue aujourd'hui un témoignage réaliste sur ce conflit. "Je voulais que la caméra soit comme un soldat invisible", explique Pierre Schoendoerffer qui filme à hauteur de ses acteurs.

 

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