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Gagner avant juillet

Alors que le conflit en Libye vient d'entrer dans son troisième mois, la France engage pour la première fois dans les opérations de combat les hélicoptères de l'Alat, l'aviation légère de l'armée de terre. Selon les informations obtenues par Le Figaro, le BPC (bâtiment de projection et de commandement) Tonnerre a discrètement appareillé de Toulon le 17 mai au soir. Direction : les côtes libyennes.

Ce bateau de guerre polyvalent, le petit frère du Mistral, fleuron de la marine française après le porte-avions Charles-de-Gaulle, est capable de transporter un état-major embarqué, des troupes et des blindés, mais aussi des hélicoptères. Officiellement, l'état-major n'a pas encore communiqué sur le rôle qui sera imparti au BPC en Libye. Mais Le Figaro est en mesure d'affirmer qu'il a embarqué douze hélicoptères de l'Alat à son bord.

Dès le début de l'opération internationale contre les forces de Kadhafi, des responsables militaires avaient prévenu qu'on ne gagnait pas une guerre avec les seules frappes aériennes. Cette loi de la guerre moderne a pris davantage de sens avec l'imbrication des forces en présence et l'utilisation de véhicules civils par les troupes de Kadhafi, qui positionnent aussi leurs chars au milieu des zones habitées. Interrogé par Le Figaro fin mars sur l'opportunité d'utiliser des hélicoptères d'attaque contre certaines cibles - difficiles à atteindre depuis les avions sans prendre le risque de dégâts collatéraux -, l'état-major français avait répondu que la mise en œuvre de forces aéroterrestres ne pouvait s'envisager sans une présence au sol. Laquelle a été formellement exclue par tous les pays participant à l'opération.

Gagner avant juillet

«Utiliser les hélicoptères du BPC Tonnerre, c'est un moyen de se rapprocher du sol», commente une source proche du dossier. Donc d'augmenter les chances d'obtenir rapidement une victoire. Depuis le début du conflit, des forces spéciales françaises sont à l'œuvre en Libye. Équipées de visées laser, elles repèrent les cibles et guident les chasseurs de la coalition. Elles pourraient bientôt, confie une source proche du dossier, être renforcées et effectuer le même travail de repérage et de guidage pour les hélicoptères du Tonnerre.

Cette nouvelle étape dans la guerre marque un changement de stratégie de la coalition emmenée par l'Otan. Plusieurs responsables militaires européens ont récemment sous-entendu que l'Alliance atlantique devait élargir le champ de ses objectifs.

Sur le terrain, la situation est gelée. Les rebelles libyens peinent dans leur progression. Et les pays membres de la coalition estiment qu'il faut obtenir une victoire avant la fin du mois de juillet, le début du ramadan et les fortes chaleurs risquant de rendre les initiatives militaires des opposants à Kadhafi encore plus difficiles et aléatoires. En France, le gouvernement doit aussi, comme une loi récente l'y oblige, soumettre la prolongation d'une opération extérieure, lorsqu'elle excède quatre mois, à l'autorisation du Parlement. Dans le cas libyen, la date butoir est donc le 19 juillet.

Afin d'arriver au «point de rupture» qui permettrait la chute du régime, l'Otan a donc intensifié ses attaques. Huit navires de guerre de la marine libyenne ont été coulés vendredi à proximité des ports de Tripoli, de Syrte et de Homs. Samedi, l'Otan a mené des frappes près du complexe résidentiel du colonel Kadhafi. Les hélicoptères d'attaque français devraient entrer en action dans les prochains jours.

source le figaro: ici

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