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Sahel : la contagion islamiste

 

 

 

 

 

 

Chassés du Mali, les djihadistes contre-attaquent au Niger. Leurs cibles ? La grande mine d'uranium d'Areva à Arlit et, à travers elle, les intérêts français

La France est au Mali, les islamistes frappent au Niger. Logique. Incapables d'affronter l'appareil militaire français, les djihadistes ont fait ce qui était prévu : enterrer leurs armes près des frontières, fuir ou se raser la barbe pour se fondre dans la population des réfugiés, essaimer dans la sous-région, se reconstituer par katiba (unités combattantes). Et contre—attaquer dès que possible. La guerre est leur métier, le djihad leur raison de vivre, et de mourir.

 

 

Le 23 mai dernier, un premier attentat, le plus meurtrier, frappe une caserne de l'armée nigérienne à Agadez, à 1 200 kilomètres de Niamey, la capitale. Le protocole, classique et bien mené, démontre la compétence des organisateurs. On attend la relève de la garde et l'heure de la prière – renseignements et complicité locale – pour forcer l'entrée de la caserne. Trois assaillants s'y emploient, leurs ceintures bourrées d'explosifs. L'un se fait exploser dans une chambrée, les deux autres prennent des soldats en otage, histoire de faire durer l'action pour attirer l'attention au maximum.

Les forces spéciales françaises interviennent. Bilan : une vingtaine de morts dont un civil. Très loin de là, à Arlit, la grande mine d'uranium d'Areva, « seulement » un mort et quatorze blessés dans un attentat prévu pour tuer beaucoup plus. Il ne reste plus rien de la voiture bourrée de 400 kilos d'explosifs qui est entrée à la bonne heure – renseignements et complicité encore – en suivant un bus d'employés dans la zone industrielle.

 

 

 

L'opération s'appelait « Abou Zeid », du nom du chef islamiste d'Aqmi tué au Mali. Le double attentat a été revendiqué par le Mujao, ancré dans la région malienne de Gao, et par « Les signataires par le sang », le groupe récemment formé par Mokhtar Belmokhtar, ancien d'Aqmi, qui a déjà signé la prise d'otages sanglante du complexe gazier d'In Amenas en Algérie. Trente-sept étrangers tués, un Algérien et vingt-neuf ravisseurs, un beau bain de sang.

Bilan de l'opération « Abou Zeid » ? La production d'uranium d'Areva en panne, la démonstration que le système de sécurité « Epée » – assuré par des privés, anciens légionnaires – ne fonctionne pas, une armée nigérienne qui a perdu plus d'hommes que dans ses opérations aux côtés des Français au Mali, et quelques conclusions à en tirer.

lire la suite : Ici

Ecrit Par Jean-Paul Mari

 

Et aussi Niger: les derniers éléments sur le déroulement de l’attaque à Agadez sur RFI

 

 

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