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"Fin 2012, plus un soldat français ne restera sur le sol Afghan !" Déclaration choc, pleine d'assurance mais ça, c'était avant...

 

 

La politique n'est rien d'autre que de la négociation commerciale, de la vente, du troc, voire une grande braderie ; mais, à terme, chacun doit y retrouver son compte. Du 100% de départ, nous voici avec une réduction promotionnelle de 50%... c'est notre dernier prix. Les alliés s'en contenteront, mais cela va les mettre dans des situations bien embarrassantes sur le terrain. Imaginez un puzzle de milliers de pièces en cours de construction et d'un coup, un participant décide de quitter le jeu avant la fin en emmenant ses pièces avec lui.

Suite à cette décision, mettant en avant la sécurité de nos gars, et le compromis négocié, que feront les 50% restant sur le terrain ? Du « Mentoring », activité simple, sans danger, la routine quoi !!!

Sans danger dites-vous ? Pas tant que cela. L'actualité nous a grandement parlé de ces Talibans infiltrés dans les forces armées et la police, qui mitraillaient nos soldats désarmés pendant les séances d'instruction ou de sport.

Objectivement, on n'imaginait mal comment cette promesse était réalisable. Un sentiment contradictoire devait peser dans l'esprit de nos soldat... partir de cet enfer était le côté plaisant de la chose, mais partir alors que le boulot n'est pas terminé est contraire aux valeurs de ces hommes.

Le sort en est jeté : nous restons en Afghanistan au moins jusqu'à fin 2013...nouvelles négociations en perspective et on en reparle courant 2013 ???

Le décès du major BOUZET du 13e BCA nous prouve bien qu'il n'existe pas de mission sans danger et que malheureusement les discours sont en décalage avec la réalité du terrain. Le mentoring ne se fait pas en salle de simulation, mais bien dans le bourbier des théâtres d'opérations.

Faire partir 50% des effectifs c'est mettre en plus grand danger ceux qui restent, ça c'est la réalité du terrain ! Quel est donc l'intérêt de laisser des hommes à nous là-bas, alors ?

 

 

 

Il faut penser à l'après guerre ! Si nous sortons du jeu, nous perdons les contacts « qui vont bien », nous chassons d'un coup de pied les marchés commerciaux à venir, nous perdons la confiance des négociateurs...

Et puis de toute façon, nous sommes nuls en négociations diverses... les théâtres de sortie de crise, ces moments intenses où les forces vives des entreprises internationales viennent brosser dans le sens du poil les représentants gouvernementaux locaux pour placer leurs produits et permettre ainsi la reconstruction d'un pays nous passent toujours sous le nez. américains, anglais, allemands bénéficient des meilleurs contrats et nous ne prenons que les miettes, pourquoi ?

Dans le cas précis de l'Afghanistan, parce que nous serons rentrés chez nous avant la distribution des lots... Vous comprenez qu'il faut garder une rangée dans la place !
Dans les autres cas... parce que nous nous présentons après les autres ! Le rituel de certains pays ne ressemble en rien au côté "rentre dedans" français. Le mot "rituel" veut bien dire ce qu'il dit... un protocole bien spécifique, un cahier des charges bien huilé, des habitudes ancestrales qui commencent par ce mot magique mais tellement énervant, la patience ! Lorsque les Allemands s'installent 15 jours pour une négociation, nous, nous prenons un billet aller retour pour boucler le projet dans la journée. Toute la différence est là, nous ne nous adaptons pas aux us et coutumes locales.

Alors oui, nous négocions un départ des troupes au rabais pour conserver ces précieux contacts qui permettront à la France de commercer à coût de gros dollars ; mais pendant ce temps là, nos soldats se feront descendre encore et encore. « Etonnant », c'est pourtant pas dangereux le mentoring !!!

Sgt (RC) Emmanuel MALENFANT.

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