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Conditions du retrait de nos forces d'Afghanistan


*l'ASAF rappelle les annonces faites et les décisions prises récemment sur les conditions du retrait des forces françaises d'Afghanistan* .

Des propos flous et évolutifs

1- Dans le 59 ème des 60 engagements pour la France du projet de François Hollande, on peut lire :

« J'engagerai un retrait immédiat de nos troupes d'Afghanistan : il n'y aura plus de troupes françaises dans ce pays à la fin de l'année 2012. »

2- Dans son discours du 11 mars, il déclarait :

« ...En Afghanistan, la situation reste grave et confuse. »

« ...J'ai annoncé qu'au lendemain du 6 mai, si les Français m'en donnent mandat, la France engagera le retrait de ses troupes combattantes d'Afghanistan. C'est la conclusion logique de l'analyse de la situation, dix ans après le début des opérations. »

« ...Nous accélérerons dans les meilleures conditions de sécurité le retrait de nos forces combattantes pour que, fin 2012, nos soldats soient rentrés.

Nous agirons en concertation - et c'est légitime - avec nos alliés. Nous n'imposerons pas notre rythme à d'autres, mais nous agirons en toute indépendance. »

3- Lors de sa conférence de presse du 30 mai 2012, Monsieur Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense déclarait notamment :

 

 

« Le commandant de la FIAS, le général Allen que j'ai rencontré avant le sommet à Washington, lui-même, a déclaré que la position de la France ne compromettait pas la sécurité de l'Afghanistan et c'est le même état d'esprit que j'ai constaté auprès de mon homologue Léon Panetta. Nous restons dans l'alliance. »

« Nous restons dans la FIAS jusqu'en 2014, mais nous retirons nos unités combattantes d'ici la fin de l'année 2012.

« À compter du 1er janvier 2013, resteront des moyens logistiques qu'il faudra transférer, rapatrier dans les meilleurs délais et avec les meilleurs moyens, mais il faudra aussi assurer pendant cette phase de transition la protection des forces et des hommes qui resteront pour assurer le transfert logistique.

Des questions et des doutes

Le rappel des textes écrits à 5 mois d'intervalle montrent ce que valent les engagements de campagne, au moins sur les questions stratégiques.

- En affirmant qu'il n'y aura plus de troupes fin 2012, le candidat François Hollande a trompé les Français, car pouvait-il ignorer la situation politique de l'Afghanistan? Les réalités et les contraintes opérationnelles ? Les engagements pris vis-à-vis des alliés?

Quel militaire d'ailleurs pouvait croire qu'en 6 mois on pouvait retirer 4 000 hommes et leur matériel d'un pays enclavé, non sécurisé, et dont les forces, pour certaines au contact de l'ennemi, agissent toutes au sein d'une coalition ?

- Comment peut-on prétendre aujourd'hui retirer les forces combattantes et en même temps assurer la protection des forces et des hommes chargés de l'opération logistique ?

Comment cette protection peut-elle être assurée autrement que par des unités de combat françaises qui devront bien rester jusqu'à la fin de l'opération logistique, c'est-à-dire au moins 2013 ?

D'ailleurs et plus généralement, comment peut-on dissocier, dans une opération militaire, l'aspect logistique du reste ? Pour ne citer que 2 exemples, le débarquement de Normandie en juin 1944 comme le rembarquement de Dunkerque en juin 1940 ont été des opérations militaires sanglantes avec un volet logistique certes important mais intégré au reste. C'est une vision erronée que de croire que l'opération logistique du retrait d'Afghanistan peut être dissociée de l'opération générale.

- Laisser croire que notre décision de retrait accéléré n'aura pas de conséquence néfaste est excessif ;

D'une part quand le général Allen déclare que la position (le départ) de la France ne compromet pas la sécurité de l'Afghanistan, il rappelle discrètement que le contingent français est faible dans la coalition (moins de 5% des effectifs). Pour autant la décision de ne pas respecter nos engagements initiaux nous place inévitablement en situation de faiblesse vis-à-vis de nos alliés. Notre pays y perd inutilement en crédibilité politique.

Par ailleurs, le désengagement est une opération complexe au cours de laquelle nos soldats sont plus vulnérables. Accélérer cette opération la rend encore plus difficile et risquée.

Il est à prévoir que les talibans chercheront, même au prix de nombreux morts, à causer des pertes significatives à nos forces pour apparaître invincibles aux yeux de l'opinion internationale, mais aussi aux yeux des Afghans eux-mêmes : vainqueurs d'une coalition occidentale après l'avoir été de l'armée soviétique !

- Enfin, affirmer en mars que la situation est grave et confuse et dans le même temps vouloir accélérer le retrait de nos forces, c'est faire peu de cas de la mission confiée à nos forces, c'est ignorer l'évolution favorable de la situation sur place, c'est enfin oublier les sacrifices consentis par nos hommes pour remplir cette mission.


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